‹ Le rougisme en Canada [microforme]Chapitre 10 sur 13 · ER CS PR · texte numérisé non relu

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à vanter la richesse manufacturière des Etats-Unis, et les hauts prix de la main-d'œuvre, C’est vous qui avez propagé cette idée d’émigration, et engagé vos compatriotes à ga— gner cette autre Californie et où ils furent si cruellement désappointés. Oui, c’est vouset l’apostat Chiniquy, un démagogue comme vous et dont vous invoquiez alors les écrits, qui avez fait tue au pays ces 200,000 Canadiens, (on peut dire 400,000 aujourd’hui], dont la présence au foyer de leurs familles étoufferait les cris de vos amis du Hauts Canada, qui demandent la représentation au prorata de la population.

a preuve que cette accusation est fondée, c’est que de: puis qu’ils ont le pouvoir en main, tous les moyens ont été pee par eux afin de voir recommencer l’émigration cana-

ienne aux Etats-Unis, interrompue depuis quelques années par les avantages considérables que les gouvernements pré« cédents accordaient à la colonisation. Aussi, cette année, pa suite du ridicule système d’économie appliquée à la co: onisation, nous voyons nos belles vallées du Saint-Maurice se dépeupler et déjà plusieurs centaines de familles ont quitté leur patrie ingrate pour se réfugier aux Etats-Unis, s’y agglomérer et s’y américaniser, Le dut du gouvernement est atteint, c'était avec peine qu’il voyait nos forêts vierges se couvrir d’une armée de robustes bûcherons, s’enrichir eux-mêmes et leur pays avec eux, c'était le cauchemar des Rouges annexionistes, aussi Voyez comme leurs chefs, MM. Dorion et Holton, ont pris, grâce à la trahison de quelques uns et à l'oubli inconcevable de quelques autres, des re. mèdes énergiques pour détourner nos colons, nos jeunes gens de mettre la cognée dans nos forêts.

Au temps où'nos Rouges faisaient le plus Yaloir leur projet d’annexion, ils voyaient avec colère couper à la racine cette utopie anti-canadienne, par le Traité de réciprocité alors ar demment désiré et activement sollicité auprès de la métropes et du gouvernement fédéral, par le ministère Lafon:

aine-Baldwin. Voyons un peu ce qu’en pensaient nos diplomates en raccourci ! M. Dessaulles est chargé par eux de nous exposer leurs vues et de répondre aux objections. On leur disait : ‘“ Vous voulez l’annexion Le que les Douanes américaines étant abolies, la production agricole du pays vaudrait $3,000,000 [en 1851], de plus qu’elle ne vaut au-

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jourd’hui, ce qui augmenterait en proportion la valeur de la propriété. Eh bien! nous objections à votre projet d’annexion, nous avons un moyen d'obtenir cela sans l’annexion. Le ministère fait les plus grands efforts pour obtenir un traité de réciprocité commerciale avec les Etats-Unis, et il l’obtiendra sans doute ; dans ce cas, nos grains ne paieront plus de droits, ils vaudront donc autant sous un pus Pa de réciprocité qu’avec l’annexion ; la propriété acquerra donc une valeur proportionnée à cette augmentation ; la réciprocité produira donc au Canada les mêmes avantages que l’annexion sans ses inconvénients. ” Comme onle voit, l’objection méritait considération, aussi ils n’en récusent pas la valeur, mais ils prétendent répondre par une question, que voici : “ Mais obtiendrons-nous la réciprocité ? ”’ Si oui, ils admettent que l’objection est irréfutable, si non, alors elle tombe nécessairement d'elle-même. Aussi, voyant cette réciprocité anéantir toutes leurs vaines raisons en faveur de l’annexion, ils s’échappent par une porte qu'ils sont toujours aises de trouver ouvertes, celle qui mène à des, conclusions ridicules en niant les choses les plus évidentes : ‘ Auronsnous le traité de réciprocité ? ” Oui, répondions-nous alors, tandis que M. Dessaulles niaït au nom du parti: ‘Jlme semble, dit-il, que nous avons 19 chances sur 20 de ne pas l’obtenir ; que l’éspoir d'obtenir la réciprocité est totalement dénué de fondement, et je dirai plus, est souverainement ridicule, car, pour nourrir un instant un, semblable espoir, il a fallu compter sur une absence totale de bon sens chez les Américains ; il a fallu les croire complètement aveugles et incapables de comprendre leurs intérêts ; il a fallu aussi les croire totalement ignorants de notre propre situation financière. ?’ Sont-ils diplomates, ces Rouges ? Il vous semblait, n’estce pas, que nous avions 19 chances sur 20 de ne pas obtenir ce traité ; .vous êtes forts, c’est vrai, mais cette fois, nous ne vous en,cédions pas, et, à nous, il nous paraissait certain que vous aviez 99 chances sur 100, de dire une sottise. Qui s'est trompé, de vous ou de nous ? Mais il leur fallait dire quelque chose, ce traité détruisait tous leurs châteaux d’Espagne, et il leur semblait préférable de nier que d’admettre, quitte à s’en titer comme ils pourraient. ee Je vois dans les Statuts impériaux et dans les nôtres un acte intitulé : ‘“ Act to arr into effect a treaty between Her

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Majesty and the United States of America, ” daté du 19 f6vrior 1855, passé sous le ministère MoNab-Taché, si je ne me trompe, et qui nous donnait la réciprocité. Pérmettezmoi, messieurs les chefs du rougisme, de vous donner le petit conseil suivant: vous ne devriez pas risquer ainsi vos opinions prophétiques, du moins devant vos confrères rouges moins avancés que vous, afin dé conserver quelque peu auprès d’oux un semblant de jugement qu'ils aimeraient à vous reconnuitr'e.

Îlest digne de rémarque qu'ils ont fait tout ce qui leur était possible pour nous empêcher de conclure ce traité si avantageux tout à la fois au Canada et aux Etats-Unis Ils décriaient nos produits, nos propriétés, notre commerce pour taire avorter ce projet, l'extrait qui précède le prouve suffsamment et sur cette matière j’en pourrais donner une foule d’autres. Il devait y avoir là dessous de leur part quel-

u’intérét, et sans doute c’est sur eux que se modèle A vel

‘hui notre ministre des Finances, qui, grand spéculateur lutôt que ministre, charge l'organe du gouvernement, le

ercury, de décrier le plus possible les puissants vapeurs ia Le dans le temps que ce même journal reproduit

ans ses colonnes l’annonce du gouvernement qui met à l'enchère PHbEque ces mêmes vapeurs. M. Holton ici ne vaudrait-il pas Jober comme avec le Grand-Tronc qui l’a fait ce qu'il ést, un richard mais non un homme de génie.

Avant de quitter cette histoire de la réciprocité, le lecteur me permettra de donner un exemple de leur logique. Aux objections de ceux qui. croyaient que nous obtiéndrions ce traité en compensation do la libre navigation du Saint- Laurent, que nous donnions aux Américains, ils répondent de la manière suivante : ‘Est-ce que sans le Saïnt-Lau- ‘rent, les Etats-Unis ne sont pas devenus le pays le plus ‘prospère du monde ? est-ce qu’ils ne pouvaient pas se ‘ passér du Saint-Laurent? est-ce que ce serait là une ‘ compunsation de la réciprocité ? ” Bien que ces interrogations ne prouvent pas que les Américains ne sont pas heureux de se servir de la voie du Saint-Laurent, accordons leur tou - Jours tout ce qu’ils Voudront ; mais alors,. expliquez-moi, messieurs, ce qui suit: “Si l’Angleterre, dites-Vous. dix lignes plus bas, avait été moins égoïste, moins sévère, qui sait a de Saint-Laurent, at liéu d’être canalisé par nous, Ü y a seu-

lement quelques années, ne l'aurait pas été vingt ans plus tôt par l'état de New-York? Qui sait si ce même État ne nous eut pas demandé comme une faveur de faire les frais de cette canateation qui auraient été beaucoun moins considérables que ceux du canal Erié? Et ei cela fut arrivé, le Saint-Laurent serait aujourd’hui aussi chargé e vaisseaux de toute espèce ue le Mississipi. ” Tout à l'heure ils se demandaient, ces uges : ‘“ Est-ce que les Etats ne peuvent pas se passer du Saint-Laurent ? est-ce que sa libre nroigation est une compensation de la réciprocité ? ” Poxr répondre at 4 ment, non! Maintenant, non-seulement notre fleuve est utile aux Etats-Unis, mais il est même si utile, que, si l’Angleterre eût été moins égoïste, “ils auraient deniandé comme une faveur de la canaliser eux-ménies. ” Sont.ils logiques ? ou plutôt sont-ils bêtes ? Dites doc, depuis quand, en Can#de, blanc est-il noir et noir est-il blane ? Réponse : Depuis qu’il y a des Rouges.

Savez-vous, lecteurs, tout le secret de ce projet C'annexion, pourquoi ils l’abaudonnèrent presque pour !: reprendre plus tard ? c'était pour eux un autre Pégase qu’ils enfcurchajent afin de parvenir surles sommités politiques ; c'était pour.eux une nouvelle manière de présenter cet adage démocratique : Ote-toi de là queje m'y mette ! En, voici la preuve : ‘ Mais, leur disait-on, une fois l'intérêt de la dette publique payé, une fois nos dépenses d'administration ramenées, à un chiffre raisonnable, nous aurons bientôt un surplus considérable ; on peut arriver à cela sans l’annexion. ”

«6 C’est-vrai, répondent-ils, mais pas avec le ministère aotuel,”. [Lafontaine-Baldwin]. Voilà le dernier mot de la question d’annexion, maintenant que vous êtes au port, MM, les Rouges, vous ne pars plus d’annexion et sur ce point vous êtes devenus bleus, quitt:. à recommencer plus tard. Maintenant qu’allez-vous faire © F:onez ce petit conseil d’ami : préparez vos siéges du côté de l'opposition pour laquelle vous êtes faits, et tâchez de vous y asseoir plus solidement et pour plus longtemps que sx les banquettes ministérielles.

Lecteurs, vous l’avez “v, je. l'ai suffisamment démontré, tous leurs soupirs sont pour les Etats-Unis, ils auraient même voulu que nos pères eussent été battus en 1791 et. en 1812 pour s’y voir tous rendus. Qu’arriverait-il si nous étions envahis pendant que leur gouvernement nous

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