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ublicains ; sur l’amour tout fratornel dont ils étaient pénérés pour leurs chers voisins du Canada, sur leur ardent dé. sir de nous rendre heureux ; enfin, sur la reconnaissance que nous leur devions par suite de leurs bons procédés à notre égard.” Voilà le galimatias auquel nous ne nous
sommes pas laissé prendre, et dont nous avons sifflé les au- :
teurs.
On se rappelle qu’un des leurs nous disait que le ‘ patriotisme est aussi l'amour de la constitution et des lois qui nous régissent,” il auraït dû ajouter que, dans ce cas, il change de nom, s’appelant loyauté par ps 2 au souverain en qui sont ersonnifiées la constitution et les lois du pays. Il est curieux e voir ce que les Rouges entendent par ce mot dont le son est fort désagréable aux oreilles des démocrates accoutumés à chanter le refrain : ‘ Vox Populi, Vox Dei” sur l’air, Ça ira, Ça ira.” Aussi s’empressent-ils de dénoncer ce mal Comme ‘inventé par le despotisme abject et brutal,” et de déclarer que, dans la réalité, la ‘ loyauté n'est qu’un vain mot.” [Prêtez l'oreille, Canadiens, voici un pue de logique auuel vous n’êtes guère accoutumés: ‘ Z7 est évident, disentals, que prétendre en Canada que nous sommes sujets de Sa Majesté Britannique, c’est exprimer une FICTION [vraiment ? ? ?] et même une FAUSSETÉ, si l’on prend ces mots dans leur sens absolu. La reine d'Angleterre n'étant souveraine que nominalement, nous ne pouvons pas être ses sujets positivement dites-donc, le serions-nous négativement ?]. Za reine Angleterre n’est pour nous que le symbole du peuple anglais, nous ne sommes donc ses sujets que symboliquement [pourquoi pas paraboliquement ?] Du moment que l’on admet [?] que ea souveraineté sur nous est une pure théorie, une fiction constitutionnelle [ce qui n’est pas du tout admis,] % faut aussi admettre que la LOYAUTÉ que nous lui devons ne peut pas être une réalité. Rien donc n’est ridicule, rien n’est pitoyable cr ::me ces exhorlations à la loyauté que l’on nous fait tous les jours, comme ces NIAISES BANALITÉS que tous nos corps publics expriment à qui mieux mieux eur leur inviolable fidélité, sur leurs PRÉTENDUS devoirs envers Sa Très Gracieuse Majesté, qui doit se trouver bien honorée, en vérité, de toutes ces protestations hypocrites je dont elle sait que nous ne pensons pas un mot.” Extraits des lectures de M. Dessaulles, prononcées à l’Insitut de Montréal.] [Eh! bien, amis lecteurs, comment les
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trouvez-vous, ces Rouges ; la première réflexion qui nous vient après la lecture de cet extrait ne serait-elle pas celleci : ‘‘ Mais ils sont donc tous parjures quand ils sn serment d’allégéance dans les ‘chambres, dans les :conseils municipaux et en recevant leur commission de magistrats.” Qu'ils nous disent donc maintenant que “le Canada est le seul pays de l'Amérique où l’on n'est pas libre/!” Si, en France, si même aux Etats-Unis, vous disiez seulement la centième partie de ce qui vient d’être cité, vous seriez, à coup sûr, messieurs, logés aux frais de l'Empereur ou du Président, dans une maison de sûreté, où tout au moins à Charenton, ou dans un établissement du même genre aux Etats-Unis, comme des fous dangereux pour l’ordre social.
Comme le lecteur a dû s’en apercevoir, cette digression sur la manière dont nos démocrates entendent le mot loyauté est plus ou moins un hors-d’œuvre qui aurait dû peut-être trouver sa place dans le chapitre précédent dans lequel il fut oublié par une erreur dans la pagination de mes notes. Je tenais trop à faire voir leurs ie raisonnements sur ce sujet pour le passer. Ceci dit, passons de suite à notre étude sur leurs tendances auti-canadiennes ; c’est presqu'une pénitence que je m’impose ainsi qu’à mes lecteurs, mais je croirais mon travail encore plus imparfait qu’il ne sera si je n’exposais pas tous leurs efforts, toutes leurs démarches pour nous faire agglomérer dans l’immense confédération américaine ; le temps des annexionistes déclarés est encore trop rapproché de nous pour qu’on ne se les rappelle pas.
Aux objections que nots ou nos descendants nous perdrions à jamais notre nationalité, notre religion, notre langue et notre moralité, ils répondent qu’il ne nous arriverait pas pue qu’aux ‘« Ecossais après 710 ans de persécutions, qu'aux
cuisvinais qui, comparativement à nous, étaient un noyau de populution insignifiant. ” Pourquoi n’ont-ila pas ajouté : que nous conserverions notre religion, nos mœurs comme les Jrlandaiïs après 300 ans de persécution et de famine ; comme les Juifs, depuis leur dispersion par toutes les contrées du globe ; ses deux dernières comparaisons seraient tout aussi justes que les deux premières. Dites donc, mes amis (?) vous seriez donc heureux de voir votre pays sans plus d’autonomie, de caractère national que la Louisiane, que Ll’E-
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cosse même, quoïqu'elle ait moins perdu sous ce rapport, l’émigration anglaise ne lui ayant pas enlevé ses coutumes et ses institutions, comme il est arrivé à la Louisiane, autrefois, comme nous, colonie française.
Encore, s'ils se contentaient d'affirmer, suivant leur tactique habituelle, mais non, cette fois ils prétendent prouver qu’ils ont droit d’être annexionistes, d’être anti-canadiens, et, pour ce faire, M. Dessaulles a été chargé par le parti de faire des statistiques à l’appui de ses faux avancés. Imaginez des statistiques à la Dessaulles! Si ça n’était pas par trop ennuyeux pour le lecteur et pour moi-même, je voudrais l’enchaîner avec ses chiffres (il en a assez pour cela) dans la fameuse tour centrale des édifices parlementaires à Outaouais, vrai labyrinthe où l’enferma l’un de nos journalistes les plus distingués, sans pouvoir pourtant l'empêcher d’éclabousser et de salir tout homme respectable quile gêne.
D'un côté, et à l’aide de ces chiffres imaginés dans son cerveau, il a établi le bilan su posé de notre dette, de nos
roduits, de notre avoir ; et, de Ï autre, l’avoir, les produits,
a dette fédérale qu’il range dans la catégorie des infiniment petits [il est vrai que c’est peu de chose, $2,000,000,0007, puis il conclut à l'immense supériorité de l’union Américaine sur nous. Ce qui était vrai, il y a quelques années, ne l’est plus autant aujourd’hui, et le sera encore moins plus tard.
Après un indigeste amas de chiffres sur ce sujet, il a la bonhomie d’ajouter : 5 Notre position actuelle est mille fois plus favorable que nous aurions jamais dû l'espérer. ” C'est 1à un de ces avoux que l’éblouissante lumière de la vérité, à laquelle ils ferment si souvent les yeux, les force à faire malgré eux et sans s’en apercevoir.
Puis, voyons-les ajouter, d’un air tout à fait peiné : ‘ Aujourd’hui nous nous affaiblissons de toute l’émigration qui se rend aux Etats-Unis. C’est certainement rester en deçà de la vérité que de porter le nombre des Canadiens énigrants aux Dtats- Unis à 200,000, cela seul n'est-il pas une cause puissante de dépréciation pour la propriété ? ”’ D’accord, messieurs, d’accord. Ici, cette fois, je suis avec vous, ce qui, par parenthèse, ne nous arrive pas souvent ; mais permet-
z-moi de vous dire que vous eussiez dû avoir le courage d’avouer que ce mal irrémédiable était votre ouvrage, qu’il datait de l’épooue où vous commençâtes à parler d’annexion,
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