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régit, croirions-nous qu’ils mettraiont tout leur courage à repousser l'invasion, à discipliner leurs compatriotes ? Je n’y puis croire. L'un d’eux n’a-t-il pas dit, dans les Communes du Canada, que le ‘ meilleur système de défense, seratt de n’en avoir pas du tout ! ” Aujourd’hui que des signes précurseurs, que de sourds grondements nous annoncent chez nos voisins une colère mal concentrée contre nous, ne fontils pas la sourde oreille ? ne cherchent-ils pas à laisser leurs compatriotes dans une fausse sécurité, bien propre à leur causer les plus grands torts pour l'avenir ? Bien plus ne paraît-il pas certain que notre gouvernement est aux gages du cabinet de Washington, la preuve la plus claire est précisément dans ce pas de clerc que l’administration MacDonald-Dorion vient de faire faire à Lord Monck à propos d’une prétendue conspiration de 100,000 confédérés sur les frontières du Haut-Canada, conspiration qui s’est trouvée être le plus ineffable canard que l'imagination des nouvyellistes ait jamais inventé. Si, comme je l’ai dit, notre gouvernement n’était pas à la solde du Président Lincoïn, est-il probable qu’on se fût tant pressé, et avec si peu d’intelligence, de donner des preuves ridicules du plus bas servilisme. Des soupçons qui malheureusement paraissent fondés plânent sur la tête de nos ministres relativement à leur loyauté, l’un d’eux surtout mine notre crédit et nous fait baïsser dans l’opinion de nos voisins.
Que ferons-nous, Canadiens, je vous le demande, avec de tels hommes à notre tête ?. Qui de nous ou d’eux ont fait croire aux Américains que nous gémissions sous la puissance de l’Angleterre ; que nous étions tyrannisés par nos prêtres ; que nous étions aussi malheureux que la nation Irlandaise ; que si notre voix n’était pas étouffée par la tyrannie nous
emanderions à grands cris à nous annexer aux Etats-Unis ? Est-ce nous o': les rouges, dites-le ? Sont-ce nos journaux, nos hommes d’Etat ou les journaux rouges, et cleargrits comme le ‘ Globe ” dont lerédacteur-propriétaire est royalement payé par le gouvernement américain pour crier que le Bas-Canada, ses prêtres, ses évêques, asservissent le Haut ; comme le ‘ Pays ” qui salient toutes nos Institutions, et tout ce que nous vénérons. ‘
Ecoutez un homme d’Etat quia étudié l’Union Américaine et ses institutions démocratiques, l’hon. D’Arcy McGee
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qui, à de grands défauts joint de si belles qualités, les paroles suivantes ne sont pas suspectes dans sa bouche :— ‘ En ana- ‘““lysant attentivement les desseins du peuple des Etats- ‘ Unis, on trouvera que si à la prochaine élection d’un nou- ‘6 veau Président s’élève le cri de guerre contre le Canada, ‘6 ce cri sera populaire et aura de l’écho parmi les classes les ‘6 plus influentes des Etats voisins. Là fermente encore cette ‘6 haine traditionnelle du Pape et de la France, qui peut être ‘a LE pb quelque dimanche au dernier degré du fana- ‘ tisme ; on y considère le Bas-Canada comme un pays de ‘ Couvents et de Séminaires, dont la disparition serait une ‘ chose agréable à Dieu. Je ne parle pas sans preuve ; il n’y ‘ a seulement qu’à nous rappeler la proclamation du gé- ‘6 néral Phelps aux Louisianals—un peuple de même race que “les Bas-Cunadiens —lorsqu’il débarqua sur le Delta du ‘6 Mississipi. Là le générul Phelps, le vrai type du soldat ‘6 fanatique des Etats du Nord, Béotars que le but do son ‘expédition était d’abolir l’esclavage et le Papisme. Une ‘ croisade contre les églises et les couvents du Canada fera & sortir de la Nouvelle Angleterre toute sa population mâle ; et 6 je la plains plus que je la blâme d’être aveuglée par ses ‘6 préjugés. [Sont-ce les bleus qui ies ont aïnsi fanatisés ?] ‘ A l’école, dans ses temples, on lui a toujours enseigné, ‘ que les ordres religieux et les institutions les plus chers ‘au Bas-Canada ne sont que des w/usions diaboliques. ” Le brillant orateur n’aurait-il pas dû ajouter que l'Avenir, e National d'autrefois, le Globe et le Pays d'aujourd'hui ont largement contribué à répandre ces idées chez le peuple américain ?] ‘ Les Irlandais que l’on a assez facilement ‘6 transformés en démocrates américains, ajoute-t-il, croient “et d’habiles démagognes de leur propre race n’ont pas ‘manqué de les confirmer dans leur croyance, que ces pro- ‘ vinces, qu’ils ne connaissent pas, ont à se plaindre des ‘ mêmes griefs que l’Irlande. JIls nous croient dans l’escla- ‘6 vage et s’enrôleraient volontiers pour venir nous délivrer. «6 Je regrette qu’ils ne soient bles mieux informés sur la vé- ‘ ritable situation de leurs frères dans ces provinces, mais «6 telles sont les idées dont on les a imbus, et j’aurais tort de ‘ vous cacher ce que je sais à cet égard. Ce serait, en vé- ‘6 rité, une coïncidence curieuse que de voir les enfants des Puritains et les descendants des Irlandais catholiques,
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‘ marcher côte à côte dans la même armée pour venir piller ‘et subjuguer un peuple qu’ils croient esclave et ennemi. ‘6 Mais cela est possible. ….
ONE 0 . Nous verrions combinés contre nousle fanatisme, ‘ la passion effrénée de la liberté et l’amour du luxe, enne- ‘ mis qu’il n’est pas facile de combattre avec succès. Je ne ‘“ m’en rapporte pas seulement à une simple analyse de la ‘ population américaine pour fonder mes conclusions, il y à ‘ des faits patents qui peuvent frapper tout le monde. Les ‘6 Canadiens qui ont visité Portland ou aucun autre port de ‘ mer américain savent quelle haine profonde existe parmi ‘“les plus intelligentes classes contre l'Angleterre et ses ‘ colonies. ” (Extrait du discours de l’hon. H. d’Arcy McGee sur le bill de milice, 11 septembre 1863). Et bien ! Canadiens, ce que vous venez de lire, fruits d’études faites sur les lieux est littéralement vrai, c’est l’état de chose qui prédomine chez nos voisins. Est-ce bien enviable ? Qui l’a créé ? si non les discours, la presse du Rougisme, ces mêmes extraits qui émMillent les pages de cette brochure. Je livre ces pensées à vos plus sérieuses réflexions. Avant de terminer ce chapître de l’Histoire du ‘ Rougisme en Canada, ” on me laissera mettre sous les yeux du lecteur quelques statistiques sur l’Union Américaine et sur la seule Ville de New-York que donna occasion d’établir la dernière grande émeute soulevée dans cette ville à l’occasion du tirage de la conscription. Le World de New-York, se faisant l’écho de tous ceux qui jettent un regard calme et impartial en arrière et cherchent à reconnaître les résultats d’une guerre qui dure depuis trois ans et dont on ne saurait révoir la fin, évalue la dette actuelle du gouvernement du ord au chiffre énorme de $2,000,000,000, et se demande ce que l’administration a obtenu en compensation de cotte dépense effrayante et avec les 1,775,000 d'hommes qu'elle a appelés sous les armes depuis le commencement de la guerre. La banqueroute est à nos portes, s’écrie-t-il, la banqueroute ! voilà le résultat de cette guerre fratricide. Dans la métropole américaine, il y & 100,000 infidèles ; 350,000 qui ne vont pas à l’église ; 60,000 enfants qui ne fréquentent pas les écoles ; 15,000 enfants vagabonds, voleurs et assasins en apprentissage ; 50,000 personnes contituant ce qu’on appelle
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augmenter chaque année n’était guère propre à faire gober aux (Canadiens toutes les belles promesses de bonheur domestique et politique que nos Rouges leur faisaient sans fausse honte. Disons avec notre historien Garneau : ‘ Aux motifs purement politiques, le clergé et le pu- « blic Canadien en avaient joint un autre aussi puissant, ‘6 c'était la crainte d’exposer leur religion et leur nationalité “ en entrant dans une confédération républicaine à la fois ‘ anglaise et | LS crainte qui n’était pas chimérique #4 puisqu'elle achève de noyer l’une et l’autre à la Louisiane. ”
Sur ce, finissons ce chapitre comme Dessaulles finit ses lectures : :‘ Entre la liberté et la dépendance ; entre la grandeur nationale et le joug de l’étranger ; entre le bien-être et le malaise social ; entre le progrès et 1a décadence ; entre le vras et le faux ; entre le juste et l’injuste ; entre le bien et le mal, personne n’hésite que celui qui ignore. ”
J’ose demander pardon au lecteur de l’avoir entretenu si longtemps de cette vieille histoire de l’annexion, mais c’est surtout dans elle qu’on retrouve le type de leurs tendances anti-canadiennes et de leur faux patriotisme. ‘ Quel avantage, dirai-je en terminant avec le Rév. M. Proulx, quel avantage aurions-nous trouvé à cette union formée par la trahison, et qui nous aurait noyés dans les flots d’une population ennemie, dans un monde d'intérêts et de spéculations fondé sur le désir d’exploiter notre inexpérience, notre petit nombre et, le diraïi-je, notre honnêteté toute catholique. Dans la seule ville de Buffalo 370 propriétés ont dû être vendues par décret le 26 janvier du mois dernier (janvier 1850), pour non paiement des taxes dont elles étaient chargées. ” Les dernières statistiques de New-York nous dévoilent un système de taxation ruineux qui doit avoir pour résultat de déposséder les classes ouvrières au profit des spéculateurs de tous les degrés !
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