‹ Le rougisme en Canada [microforme]Chapitre 3 sur 13 · PAPE ES · texte numérisé non relu

PAPE ES

ee ESS

Ge orne ae

ETS LE ENS

a mer

Sms er gr D

un

que ceux du rougisme, combat dans lequel ils ne peuvent être que victorieux. Puisse ce souhait se réaliser bientôt dans le plus si intérêt de la religion, de la société et de notre ays : Mais poursuivons notre tâche. L’Avenir du 18 janvier 1850, disait : « La lecture de l'Evangile, c'est là, sans doute, l’unique cause de la supériorité des nations protestantes sur les nations catholiques.” Pour ne prendre tout d’abord que la perversité du conseil, disons qu’ils voudraient voir le Canada catholique se faire protestant, apostasier sa foi pour être grand.....grand comme l'Angleterre ? Oh ! non, ils ne l’aimeng pas, l'Angleterre ! maïs grand comme la désunion américaine, qui fut et est encore pour eux le nec plus ultrà de la grandeur, de la prospérité et de la gloire nationale. La France n’est rien ou presque rien à leurs yeux. Serait-ce parce qu’elle est trop profondément catholique ? Il se pourrait que ce fut là la vraie raison qui la leur fait oubiier. Mes compatriotes qui suivent depuis longtemps l’histoire parlementaire du pays, dans laquelle on retrouve à chaque age une lutte entre le Haut et Bas-Canada, se rappelleront ici, je n’ai pas le moindre doute, cette virulente sortie de

Georges Brown, en 1852, de cet homme qui, à lui seul, repré-

sente tout le fanatisme haut-canadien. N'est-ce pas cette

même idée formée de les Rouges du Bas-Canada que faisait e

valoir ce chef du cleargritisme ? Qui n’a pas entendu parler de son interminable discours de quatre heures contre la démoralisation, la pauvreté et l’abaissement des nations catholiques, pour avoir occasion de placer au plus haut degré de l’échelle sociale les nations nrotestantes de l’Ancien et du Nouveau Monde ?

Qui alors lui répondit ? Est-ce M. Dorion, le chef du rougisme ? Oh ! non, il venait de laisser publier dans son organe la même idée avec les mêmes développements. Est-ce un autre Rouge ? car il n’en manquait pas non plus alors ; non encore, car tous ils avaient admiré cette idée qui rabaiïssait leur mère-patrie, la glorieuse France. Qui, enfin, lui répondit ? Puisque les rouges se tinrent cot : Qui ? Ce fut un bleu, et, Dieu merci, il le fit à l’honneur de son parti et de son pays; ce fut l’honorable M. Joseph Cauchon, dont le discours improvisé fut un chef-d'œuvre d’histoire comparée, de statistiques et de raisonnements, où rien n'était à re-

Pr OR

prendre ; chef-d'œuvre débité avec une verve, un enthousiasme qu’il communiqua à son auditoire, les Communes du Canada. Je renvoie le lecteur à ce discours où il trouvera toute une réponse à l’entrefilets cité de l’Avenir. Toutefois, pour répondre en quelques mots au fait allégué de la supériorité des nations protestantes sur les nations catholiques, je laisserai parler l’éloquent Défenseur de la Religion et du st que j’aime à citer le plus souvent qu’il m’est possible :

‘6 Comment, des descendants des croisés, des enfants de la France, peuvent-ils dire, en rougissant de leur religion, que la lecture de la bible donne une supériorité incontestable aux nations protestantes sur les catholiques ? La nation française, qui doit tout ce qu’elle à au catholicisme, son incomparable civilisation, son unité nationale, ses codes, ses institutions, ses grands génies ; qui est, sans contredit, le centre du monde intellectuel, qui a répandu sa langue et son influence catholique dans toutes les parties de la terre ; qui a porté l’éclat de sa gloire militaire au plus haut degré, qui vient encore de balayer de l’Italie ces hordes d’assassins et de pillards (Siége de Rome 1848-49), qui déshonoraient la capitale du monde catholique (1) ; cette nation française, catholique depuis 13 siècles, avec ses cardinaux, ses archevêques, ses évêques, ses prêtres, ses ordres religieux, ne vient-elle pas donner un démenti formel et écrasant à cette assertion ? Est-ce donc en jetant les yeux sur l’Angleterre que vous avez rougi de la belle patrie de vos pères ? L’Es-

agne, le Portugal, ces royaumes si féconds en hommes ilustres, et couverts des plus riches monuments de la science ec du génie ; l'Autriche, l'Italie, Naples, la vaillante Hongrie, la valeureuse Pologne, toutes ces nations catholiques sontelles inférieures à ces sections de nations de sophistes qui déchirent le sein de l’Allemagne ? Le Danemark, autrefois renommé pour ses exploits maritimes, a-t-il accru sa grandeur et sa gloire depuis qu’il a renié la foi de Saint-Auxaire, son premier apôtre ? La Suède s’est-elle acquise un rang bien élevé parmi les puissances européennes, depuis qu’elle s’éclaire au flambeau de Luther ?

(1) Je recommande à mes lecteurs l’ouvrage de Léopold de Guillard, sur l’Expédition de Rome.

LES ot en PO ame À ht À hé A PRES à — rs .

RD RES end MIE AS

= Gé om PS ME mm. on M RER te SEPT

eq]

‘Que dirons-nous maintenant de la patrie du grand O’Connell, cette fleur restée seule debout dans cette partie des champs apostoliques, au milieu des ruines et des décombres amoncelés par l’impiété du 19e siècle? On a vu la France, on a vu l’Italie présenter en face du monde le tribut de leur admiration pour ce grand homme que le catholioisme seul à élevé audessus de toutes les têtes couronnées de son époque. Il était le libérateur de sa patrie a rimée, le champion puissant et irréprochable de la vraie liberté, il était l'enfant de l’Irlande catholique ! ‘ Quel spectacle | dit ‘ Cormenin, quel spectacle ! y en eut-il jamais un plus ‘ beau donné sur la terre ? Au lieu d’un O’Connell catho- “ lique, figurez-vous un 0O’Connell impie ! Je ne vous de- ‘ mande que cela, figurez-vous un O’Connell impie : il eut ‘6 été enterré vif sous les décombres de son premier discours !

‘ Oui, elle est bien malheureuse cette belle nation Irlandaise, qui fuit le sol qui l’a vue naître pour aller offrir le spectacle de sa misère et de ses longues souffrances à tous les recoins du globe; mais elle emporte avec elle la foi de Saint- Patrice, le seul trésor que la tyrannie protestante n’a pu lui ravir. (Ce pose éprouvé par 300 ans de persécutions sans exemple dans les siècles passés, après avoir épuisé le calice de toutes les amertumes et tari la source des larmes, est plus grand et plus noble aux yeux du monde que le persécuteur qui s’engraisse de ses dépouilles. Vous voyez tous les cœurs généreux se hâter d'offrir leurs secours, leurs sympathies, l’hommage de leur estime, à la victime et prodiguer leur mé-

ris au bourreau.

‘ L’Angleterre protestante, elle, doit au catholicisme ses institutions, sa constitution civile, ses lois pénales, toutes les garanties de liberté et de juste équilibre dans son mécanisme gouvernemental.” Comparer sa richesse, ses mœurs, ce qu’elle a de bon aussi bien que ses crimes, ses turpitudes politiques, la pauvreté relative des 9710 de sa population, en un mot tout ce qu’elle à de mauvais avec les autres Etats catholiques de l’Europe, m'’entraînerait certainement beaucoup trop loin. Aussi je reférerai mes lecteurs à l’excellent livre de M. Marghotti, intitulé Rome et Londres, où tout en faisant une lecture des plus agréables, et en même temps des plus instructives, ils verront que l'Angleterre est loin & Ctre audessus des nations catholiques dans l’échelle sociaie ; je me

rand artie dévu la ribut holinées mée, rté, il dit

lus ho 3 de- | eut urs !

rlanrir le 1 les aintu lui Sans alice ; plus uteur )œurs thies, r mé-

S ins s les \igsme

au- D me

permettrai encore de suggérer le savant ouvrage de Kervigan : l'Angleterre telle qu’elle est !

Mais passons à un autre ordre d'idées. (Je prie le lecteur de me pardonner ces transitions brusques ; il doit comprendre ne l’art de ménager habilement les transitions est, ici, chose

ificile, que je considère même impossible pour moi, il s’agit de réunir et de former un tout de citations, d’idées et de principes disparates entr’eux, et j’aime à m’excuser une fois pour toutes de ce manque de transition.)

On se rappelle cette lecture de M. Dessaulles à l’Institut de Montréal en 1851 où, parlant des trois tyrans de l’Europe, l’Empereur d’Autriche, le Czar de toutes les Russieset, suivant les Rouges, le Roi de Rome qu’il comparaît à deux bourreaux de la Pologne et de la Hongrie ! Eh bien ! voici le digne pendant de cette célèbre comparaison, il est tiré de l’Avenir du 18 août 1849 : «“ Pie TX, y voit-on, se prépare à rentrer dans Rome en passant sur des monceaux de cadavreset àtravers des

Jlots de sang qu’il a fait répandre.’ Voilà un fait récent et qui l'était encore plus en 49, qu’on travestit et falsifie sans vergogne, heureusement que l’histoire contemporaine l’a consigné dans ces annales. Tout le monde pensait, avec raison, que c'était Garibaldi, le Garibaldi d'aujourd’hui, Mazzini, lo Mazzini d’aujourd’hui, et leurs adeptes forcénés qui, après avoir chassé le Saint-Père, tué ses camériers, assassiné son premier ministre, le comte Rossi, avaient mis Rome au pillage endant le siége qu’en fit l’épée de la France, vengeresse de ‘ordre social, de la tranquillité de l’Europe et de l’autorité légitime ! Ces cadavres qui encombraient le pavéde Rome étaient le produit brut de la haine des révolutionnaires et des sociétés-secrètes contre les sujets fidèles du Roïi-Pontife comme on en peut voir le détail dans l’histoire dela Révolution Jiomaine, par Balleydier. Ces cadavres étaient encore ceux qui tombèrent sous les armes françaises qui soutenaient la plus belle comme la plus sainte des causes. Mais pour leurs amis d’ici, c’était des martyrs comme les Garibaldiens d’aujourd’hui sont des héros, comme l’a dit indirectement, le déput de Québec-Est, M. Huot, en déclarant que les révolutionnaires qui réussissent sont de véritables héros ! Que n’en a-t-il fait des dieux ? Tout en faisant l’apothéose de ces martyrs de la révolution de 49, il fallait bien que messieurs les Rouges, par leur organe, donnassent le coup de pied de l’âne au Pontife

Page 1