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triomphant, comme toujours, du désordre, de la révolution et de l’irréligion.
Jusqu'ici nous n’avons encore rien donné qui put faire connaître la profession de foi des Rouges. Différents en cela de leurs amis les sectaires du 16e siècle, ils ne les ont pas prodiguéos par crainte, sans doute, de nuire à leurs efforts de prosélytisme. Malgré tout, je suis parvenu, à force de recherches, à en. trouver deux : pour le momentcela me suffit. L'une, sans déterminer toutefois à quelle croyance religieuse ils appartiennent, nous fait cependant connaître qu’intérieurement ils ne sont pas catholiques, parce que le catholicisme est une religton fausse. Pour qu’on ne nous traite pas d’exagération, nous préférons citer l’extrait suivant de l’Avenir, qui se trouve à la fin d’une longue tirade contre la religion, l’inquisition, et après un millier de faits inventés par les cerveaux malades des voltairiens ; ils reprochent à la religion catholique de DISPPEUSS persécutions, faussetés dont la saine critique a
epuis longtemps fait justice : ‘“ Le clergé catholique, y voiton, ne peut plus aujourd’hui, pas plus que les faux dévots, faire brûler leurs adversaires, grâce, non au progrès qu'a fait leur raison, mais à la philosophie (le Voltairianisme) qui est venue éteindre les bûchers. (Cependant, l'esprit est toujours le même et si le clergé le pouvait, les arguments dont il se servirait seraient les mêmes.” Exemple : “UNE RELIGION QUI POUR S'ETABLIR OÙ SE MAINTENIR A BESOIN DE PERSECUTER SES ENNEMIS, NE PEUT ETRE QU'UNE RELIGION FAUSSE.”
Le lecteur voudra remarquer que c’est du catholicisme dont il s’agit et non pas de l’Islamisme, comme il le pourrait croire de prime abord. Qui ne sait pas que ces absurdes reproches d’intolérance, de persécutions, que ces ennemis de toutes sectes, les Rouges comme les autres, lancent à la face de l’église, ont été mille fois victorieusement réfutées! Il est vrai que le catholicisme a anathématisé les hérésiarques et leurs dupes, qu’il les à même livrés à la justice civile
” quand leurs principes étaient anti-sociaux et troublaient la tranquillité publique ; mais que l'Eglise les aient persécutés elle-même, jamais ! Ce n’est certes pas à l’Eglise catholique qu’on doit reprocher la guerre contre les Albigeoïs, les Trembleurs des Cévennes, les Viclefites, les Huguenots, etc., si toutefois, w que je n’admets pas, on peut reprocher aux em-
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pereurs d'Allemagne et aux rois de France ces guerres contre des sectaires fanatiques et impies qui pillaient les églises, brûlaient les villages, tuaient et assassinaient les prètres, les cultivateurs, violaient les femmes, faisaient tout passet par le fer et le feu, toutes choses que les écrivains du rougismeo connaissent certainement aussi bien pour ne pas dire migux ue nous. Il est de même reconnu que la religion n’a participé aucunement aux vêpres siciliennes et à la St.-Barthélemi. Les unes furent l'effet de la haïne et. de la vengeance des ravi, l’autre tout autant la conséquence naturélle de 12 morgue, de l’intolérunce et des crimes de lèse-majesté des Huguenots que de la faiblesse reconnue du gouvernement de Charles IX. Les rouges n’ignorent pas cela, maïs le reconnaître c’est autre chose ; aussi ne l’admettront-ils pas afin de pouvoir, avec un semblant de palliaüif, conclure que la religion catholique est fausse puisqu'elle a besoin d’employer la persécution pour se maintenir.
Je suis grandement heureux d'apprendre que vous n'êtes plus catholiques, messieurs les anciens propriétaires et rédacteurs de l'Avenir (le lecteur se rappelle leurs noms). Il ne vous reste plus, pour éclairer tout à fait notre population sur votre compte, que vous deveniez apostats et colporteurs de bibles : chauds claqueurs du rougisme, vous feriez d’admirables claqueurs du protestantisme. Mais ils ont encore uelque reste de bon séns, ils comprennent que c:.;: tactique serait leur coup de grâce vis-à-vis de nos compatriotes, ils resteront impies, incrédules, anti-chrétiens ; cependant artout, devant nos populations, ils afficheront avec jactance eur beau titre de catholique. Bien plus encore, ils réciteront, comme j’en fus témoin, et feront réciter à leur auditoire VAngelus aux portes des églises avec un petit air dévot qui trompe les moins nigauds, ostentation qui, dans le fond, n’est qu’une nouvelle injure. ‘ La religion catholique est fausse, ?” voilà leur profession de foi indirecte ; “ parce qu’elle persécute ses ennemis, ” voilà le faux palliatif,
. Mais quelle est donc leur vraie religion, celle de leur cœur, et quelles en sont les conséquences ? Pour répondre à cette question, je citerai la deuxième profession de foi à laquelle je faisais allusion plus haut ; si la première était indirecte, cellé-ci est on ne peut plus directe et formelle, c’est la profession de foi de ceux qui n’en ont pas du tout, pardonnez-
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moi l’antithèse, ‘“ Dans l’ordre moral ce que nous voulons, ‘6 disent-ils, c'est l’indépendance de la pensée, ”’ voilà, lecteurs,
‘leur religion qui, pour lui donner un «nom, est le Æougisme dont le seul dogme est l'indépendance de la pensée dans l’ordre moral ou religieux. Pour nous, catholiques, le prin- :erpe fondamental de l’ordre moral c’est notre religion et ses
dogmes ; pour les rouges, c’est croire tout ce qu’ils aimeront à
-eroré ; c'est faire, dans l’action, tout ce qu’il leur plaira de
faire, : L'auteur de cette étrange profession de foi est M.
Detsaulles, elle se trouve dans ses études sur l’Annexion
du'Canada aux Etats-Unis, dont les idées firent loi dans le
«parti Rouge annexioniste devant qui elles furent lues en
851; sans que personne d’eux réclamât ; au contraire, ils
‘prônèrent à qui mieux mieux l’auteur et ses principes.
En voici quelques-unes des conséquences les moins perverses : s’il plait à ces messieurs d’avoir la pensée de voler, de tuer, d’incendier, de se faire séducteurs, faussaires, parjures et sacriléges, de noircir la réputation de ceux qui les gênent (ce. qui, par parenthèse, leur arrive très-souvent), tout cela est.bon, moral, régulier et permis d’après leur religion. Leur pensée est indépendante de tout’ frein religieux et social, donc toutes ces pensées peuvent être mises à exécution. Un pareil état de chose nous ramèneraït bien vite à cette civilisation romaine qu'ils regrettent et sous laquelle ils sont si fâchés de ne pouvoir vivre. Imaginez, l:°teurs, quels sont les fruits que porteraient en Canada de tels principes émis, propagés au moyen de l’influence que donne le pouvoir qu’ils n’ont, j’en ai la conviction, que pour fort peu de temps.
.': En résumé, disons qu’ils ne sont pas catholiques, puisque
cette religion est fausse, suivant eux, et que leur croyance
‘religieuse est le “ rougisme,” et “l'indépendance de la pen-
géel” Nous nous doutions qu’ils en étaient rendus à ce point, cependant nous ne le pouvions croire.
«Comme nous nous sommes demandé ce qui arriverait à notre pays si tous ces principes démagogiques venaient à prévaloir, eux aussi de leur côté se demandent où nous menons le Canada avec nos principes religieux et sociaux. Pour porter un jugement par analogie, ils jettent un regard rétrospectif sur les siècles passés et sur les contrées de l’Ancien- Monde : ‘ Périclès et Cicéron auraient-ils jamais pu s’éma- ‘ giner, s’écrient-ils, que leurs belles patries seraient envahies
‘“ un jour par des barbares, que des Papes et des Moines ‘ (barbares sans doutes,) y domineraient un jour ? Qui peut ‘ dire de même ce que les destins (ils sont païens dans l’âme, ‘ ces Rouges) réservent au Canada (Avenir) ? Une telle ineffabilité inspire à l’auteur de la « Réponse à la presse socialiste ” une tirade où il déverse avec esprit le ridicule sur ces idées des écrivailleurs rouges.
‘ O mon, pays! s’écrie-t-il, Stadaconé ! Hochelaga ! antique patrie des Hurons, des Iroquois, des Algonquins, des Souriquois, des Abénakis, des Kikapous, des Miamis, des Agniers, des Castors, des Buffles, de longs siècles d’esclavage et de ténèbres sous le joug clérical ont effacé jusqu’à la dernière trace de ton ancienne splendeur et fait disparaître ces vertes forêts, ces étangs, ces marais où la nature, comme une tendre mère, prodiguait les douceurs de la liberté et de la civilisation troquoise. Si tu peux un jour briser ce joug qui t’écrase, secouer cette superstition qui te tient emmaillotée, enfin relever ton front abattu pour contempler l’aurore que t’annonce la céloste (?) démagogie, on te verra de nouveau paré de tous tes insignes com-
me aux plus beaux jours, et le calumet, la pagaie, la mitasse, le braguet reparaitront comme le soleil levant.
snosesose St QUE fata aspera rumpas Tu Marcellus | 2 1 FRRRNEE MEMPEMRRE EM
66 Qu'ils continuent, ces tristes écrivailleurs, leur métier de pirates, de septembriseurs. contre la religion, les bonnes mœurs et les saines doctrines, personne ne leur enviera la gloire des traîtres et des impies, et l’honneur de déchirer le sein de l’église catholique. Placée au dessus des siècles, elle n’élèvera la main que pour pardonner, ou pour montrer les cendres de leurs devanciers en impiété que les générations ont maudits.”
Avant de terminer cet article des idées religieuses du “rougisme ” je réclames la permission de mettre en parallèle quelques-unes de ses maximes avec celles des principaux impies et célérats des siècles derniers. Ce travail est extrait tout entier de la Défense de la Religion et du Sacerdoce :
VozrTaIRE.— ‘ La religion chrétienne surpasse en démence les fables du paganisme.”
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Avenir, 18 janvier, 1849 ou 50.— “ L'histoire de la Papauté’
pendant une suite de siècles, est l’histoire de tous les crimes qui
ont déshonoré l'humanité. ”
J. J. ROUSSEAU.— ‘ Quiconque ose dire : hors de l’église catholique, point de salut, doit être chassé de l’Europe. ”
Avenir, (parlant de la religion catholique).—# Une religion qui a besoin de tels moyens pour se maintenir est j'uusse. ”?
Avenir, 18 janvier 1850—4 Une république démocratique n’a pas besoin de prêtres.”
DimERoT.—‘“ Mes mains ourdiraiïent les entrailles du prêtre, à défaut d’un cordon pour étrangler les rois.”
Avenir, 21 juin.— J{ n’y a qu’un prêtre capable de tremper dans des procédés aussi ignobles et dont la perversité mettrait au ban de l’opinion publique tout autre individu.”
ConDporcET.—‘ Les prêtres et leurs stupides ou hypocrites instruments n’existeront plus que dans les livres et sur les théâtres”?
Avenir, du 9 août.—( J'ai vu aux Etats-Unis des ministres protestants, hôteliers, cordonniers, ils n’en étaient pas moins res. pectables et considérés.”
D’HaBBocx.—" Les prêtres ont dénaturé les idées mo-. rales.......... ..plus de rois, plus de prêtres.”
Avenir.— Les prêtres sont de petits tyrans qui tiennent le peuple dans un état d’abjection.”
Avenir.—‘ Plus le monde marche, moins les prêtres deviennent nécessaires dans l’ordre moral. Tous les jours l’autorité des évêques commet dans les campagnes de honteuses injustices.”
Dupuis.—" Il n’y a point de liberté à espérer dans un pays, tant qu’il y restera un prêtre.”
VoLxEy.—Il n’y a de vraie morale que celle 7 se déduit des principes physiques, de l’organisation et de la conservation de notre corps. ”?
Dresrurr Tracy.—Moins les idées religieuses ont de force dans un royaume, plus on y est vortueux.”?
Vous voyez, lecteurs, qu’il n’y a aucune différence entre nos Rouges impies du Canada et ceux de l’Europe ; cependant, moi-même je ne les aurais pas cru aussi avancés en impiété. Leurs idées accolées au-dessous de celles des plus extrêmes voltairiens ne perdent pas à la comparaison, je leur en fais mon compliment.
Je terminerai ce qui regarde les idées religieuses du Rougs par un entrefilets extrait des lectures sur l'annexion,
ans lequel se montre leur âme dans toute sa nudité! On lour objectait qu'aux Etats-Unis le catholicisme serait en danger : voici la belle réponse qu'ils imaginèrent :
‘“ Ceux qui éprouvent ces craintes sont ou des catholiques ‘ zélés, sincères, ou des indifférents ou des hypocrites. ” Aux premiers on peut dire ! Voyons, montrez donc un peu de bonne volonté ! (Abnlidudisale l’argument.) Aux autres, on dira : Quant à vous, qu'est-ce que cela vous fait ? En effet,
u’est-ce que cela fait à MM. Dorion, Holton, Dessaulles,
outre et Cie., que le catholicisme soit en dangor ? Pour eux, c’est une religion ‘“ fausse, ” mais pour les 9991000 des catholiques des deux Canadas, ceci a suffi pour faire reconnaître votre perversité et les éloigner de vous.
J’emprunte, pour finir, les paroles suivantes de la Réponse à la presse socraliste : ‘Je sens que je n’ai que tropremué cette fange où s’agitent des reptiles venimeux. L'orgueil, l’ignorance et les vices qui en sont les fruits se sont concertés pour abattre l'édifice sacré de l’église en Canada, pour éteindre aux yeux du peuple ce phare qui brille dans la nuit du temps et dirige l’homme dans le pélerinage de la vie.
: Poussés par l'esprit du mal et animés par la plus noire in-
gratitude, ils ont déchiré ses habits, fait couler ses larmes, et tenté de défigurer ses traits si beaux, Les soldats vaillants qui ont fait sa gloire, ses martyrs, ses pontifes, ses plus beaux génies, ses plus glorieux jours ont été norcis par le venin de la calomnie ; ses plus grands bienfaits en faveur de l’humanité ont été méconnus ; ses plus belles fondations travesties en repaires immondes où s’enfermaient dans les ténèbtes la célératesse, l’infamie, le sacrilége. Peut-il y avoir en Canada un cœur noble, un esprit bien formé qui ne se sente saisi d’une indignation profonde au spectacle de tant d’audace et de misères à la fois ? Oui, l’ingratitude est le plus flétrissant des crimes ; aussi celui qu’un noble sentiment dirige ne pout-
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