ESS
ne peut édifier, son œuvre est de détruire, c'est même sa raison d’être.
Ses Principes sociaux.
Dans le chapitre précédent, nous avons essayé de faire connaître les idées religeuses du parti rouge, nous avons montré, à l’aide de citations extraites de l’organe même du parti, que toute la hiérarchie a été attaquée d’une manière à dénoter une haine profondément enracinée ; bien plus, que,
our bon nombre d’entr’eux, je n’ose pas dire pour eux tous:
a religion catholique est contraire à la liberté du peuple, qu’elle a employé pour s’établir:ou se maintenir, la persécution contre ses enneniis et qu’enfin par conséquent elle:est fausse.
Dans le présent chapitre, nous nous efforcerons de montrer que leurs prineipes tendent à faire perdre à leurs compatriotes toute crainte, tout respect pour les lois, pour l'autorité légitime, et qu’enfin ils ont, pour conséquence naturelle, la démagogie et l’anarchie la plus-effrénée.
C’est un principe proclamé ouvertement, reconnu et admis par le Rougisme qu’‘en politique, il n’y asni foi, ni autorité
our lier les hommes entr'eux.” (Avenwr du 31 mai 1850).
oilà, lecteurs, leur règle de conduite, leur profession de foi, relativement à l’ordre social, s’il m’est permis d’user de cette expression. Il suffit d’énoncer un tel principe pour en démontrer l’absurdité ; de fait, on voit de suite que le genre humain serait depuis longtemps anéanti ou tout au moins réduit à l’état sauvage le plus dégradé, si les souverains ou leurs ministres se fussent servis de ce PrSIPÉ machiavélique. Réfixions faites, je suis sûr que le lecteur se dit que cette fois je calomnie le Rougisme ; c’est une erreur et une grande erreur, car non-seulement l'énoncé de ce principe fut fait dans l’organe du parti, mais il est notoire que, depuis longtemps, il était mis en pratique et entr’eux et contre leurs adversaires. Entre mille exemples, j’en veux citer deux fort bien connus, pus de deux Rouges encore mieux connus, dont l’un est un
es premiers adeptes, et l’autre le chef même du Rougisme. Voici le premier : A l’époque de la dernière élection du collége électoral de Stadacona, deux candidats, l’hon, M, F.
Baby et M. Fournier, briguaient les suffrages des électeurs. L'hon. M. F. Baby était, pour le député actuel de Québec-Est, M. P. G. Huot,—le héros de la présente histoire, —un de ces hommes qu’il avait, de concert avec M. Fournier, l’autre candidat, violemment et souvent injustement attaqué dans les colonnes du National, et contre lequel ils ne pouvaient tous deux imaginer des qualifications assez diffâmantes. Fort de ses faits, aussi bien que de ses antécédents, connaissant d’ailleurs les principes politiques de son ex-ami et partisan, M. Fournier se tenait pour assuré de l'influence de M. Huot qui, du reste, lui avait formellement promis de la faire valoir en sa faveur dans sa division électorale. Mais le démocrate pur sang, pour un motif qu’il est facile de deviner, trahit la démocratie ! Alors, adieu la candidature de M. Fournier, et hourrah ! pour M. Baby ! Mais il lui fallait agir avec circonsection, éviter le grand jour et chercher les ténèbres ; il lui allait ménager la juste susceptibilité de M. Fournier, chose qui attira toute son attention. Aussi, le jour, M. Huot paraissait travailler assez activement en faveur de son collaborateur du National, mais, la nuit venue, le grand conseil de ses claqueurs s’assemblait eton défaisait à qui mieux mieux le peu d'ouvrage de la journée, puis l’on poussait, avec le plus grand succès, la candidature du conservateur Baby !
: On comprend que trahi par ses propres amis, M. Fournier perdit son élection. Gribouille se mit dans le camp rouge et tout en lavant leur linge sale en famille, ils ne purent faire que le public n’aperçut quelques lambeaux de leurs haïllons.
lors on reconnut que s’ils n’étaient pas corrupteurs, ils étaient singulièrement corrompus. Pour ne pas sortir des borttes d'une juste licence, il me fautrenoncer au plaisir de raconter les déboires d’un côté et la munificence insultante que déployait alors un certain Rouge corrupteur et corrompu.
Mais pourquoi M. Fournier, en veut-il encore tant à celui qui le trompa ? n'est-il pas reconnu que c’est un principe du rougisme qu” ‘ en politique, il n’y a ni foi, ni autorité pour lier les hommes entr’eux ”” ? Tout cela, c’est bel et bon, nous répondent-ils, mais seulement appliqué aux bleus, à nos adversaires ; maissi on le retourne contre nous, fiacre, nous nous fâcherons rouge ; ceci, lecteurs, est la fine- fleur de leurs raisonnements.
CEE RTE E-S SI
SO Oo OO
ne
Voilà, sans doute, uñe jolie histoire pour un démocrate qui crie contre les pilards, les corrompus et les corrupteurs ! J’en connais queues autres, particulièrement une toute récente, datant de la dernière élection de Québec-Centre, qui surprendrait beaucoup de braves gens et qui, je crois, ferait rougir plus d’un Rouge démocrate.
Quant à l’autre histoire que j’ai promise, je ne ferai que 1a mentionner, bien que plus longue et plus noire encore que la précédente. Elle est maintenant un fait acquis à l’histoire parlementaire de notre pays, je veux parler de la tra- . hison, des sourdes menées de MM. Dorion, Holton, et leurs collègues, pour supplanter l’administration Sicotte qui avait un droit strict et constitutionnel à présenter sa politique à l'approbation du pays. Autant la première est, si je puis m’exprimer ainsi, du terre à terre de la trahison, autant la seconde est un vol de portefeuilles, une iniquité dont l’histoire fera justice, et que nos chambres ne peuvent sanctionner sans honte, je dirai même sans parjure contre la constitution. (1)
Même pour leurs plus grandes noirceurs politiques, ces Rouges ont toujours des principes sur lesquels ils s’appuient comme point de défense et de ralliement. M.le député de Québec-Est appliquait en petit le principe énoncé plus haut; M. Dorion est le chef, lui, il lui faut l'appliquer en grand, c'est ce qui explique pourquoi nous le voyons aujourd’hui... à la tête du Bas-Canada qui le renie, le repousse! Politiquement, il n’y avait ni foi, ni autorité qui pût le lier vis-à-vis M. Sicotte : il saute à pied joint par dessus la barrière qu’élèvent la pudeur, la gratitude et le devoir. L’Avenir l’a dit: 6 En politique, il n’y a ni foi, ni autorité, pour lier les hommes entr'eux. ”
Entendez-vous, Canadiens, mes compatriotes, les entendez-vous ces Rouges, vous surtout, députés du Bas-Canada, qui êtes appelés à donner le coup de grâce à l’adr ‘ istration impossible du jour ? Rappelez-vous que ce n’est point
(1) Malheureusement les membres n'ont pas tous compris l'important devoir que leur imposait une telle violation du sens commun et d'une juste politique ; la trahison et la corruption, tels furent les moyens dont le ministère Macdonald- .Dorion se servit pour se réhabiliter, mais les temps de l’impartiale histoire viendront, alors gare aux traîtres...…..!
ici une lutte d’hommes, mais une lutte toute de principe ! Rappelez-vous bien que ces Rouges veulent vous imposer la domination du fanatisme haut-canadien ! Souvenez-vous que, pour gouverner, ils vous trahiront comme ils ont trahi leurs propres amis ; pour eux, il n’y a en politique nt foi, ni autorité, pour lier les hommes entr'eux. Non, jamais le devoir qu’impose le patriotisme, la défense des bons principes religieux et sociaux, qu’impose la religion, ne les liera vis-à-vis leurs compatriotes. Voyez où de tels principes émis, propagés et défendus par de tels hommes mèneront notre pays. Non, vous ferez votre devoir, le Canada n’a pas encore commis d’assez grande faute pour être puni aussi sévèrement que par l'imposition forcée Li gouvernement des Rouges. (1).
Mais continuons notre travail et passons en revue quelques unes de leurs principales idées sociales. À les en croire, la démocratie aurait tout refait dans l'Amérique aussi bien que sur le vieux continent ; tout le bien qui s’est fait, vient d'elle, tout celui qui reste à faire ne se fera que par elle. Mais alors qu'est-ce donc que cette démocratie si puissante, si bienfaisante ï Je n’oserai prendre sur moi de répondre à cette question, je laisserai la parole à l’illustre comte de Montalembert. Ecoutez-le dans son discours au congrès de Malines se demander : ‘“ Qu’est-ce que la démocratie,” pour répondre : ‘“ C’est la société entière travaillée, soulevée par des doctrines, des principes et des appétits, quelquefois légitimes et généreux, trop souvent anarchiques et anti-sociaux. C’est encore le flot de la multitude fluant et refluant tour à tour vers la licence et vers le despotisme, maïs la multitude ayant hérité de la monarchie un système de centralisation, devenu mille fois plus redoutable par les nombreux perfectionnements de l’industrie contemporaine ; car ils tendent à effacer toute individualité, toute nationalité, toute aggrégation locale et particulière.”
(1) Malheureusement les membres n’ont pas tous compris l'important devoir que leur imposait une telle violation du sens commun et d’une juste politique ; la trahison et la corruption furent les moyens dont le ministère Macdonald-Dorion se servit pour se réhabiliter, mais les temps dé l’impartiale histoire viendront, alors gare aux traîtres...….]
Comme le lecteur pre le voir par la définition qu’en donne cet éminent orateur, la démocratie, comme je l’ai déjà dit, est plus propre à détruire qu’à édifier. Alors, comment comprendre la balourdise de nos Rouges démocrates qui viennent, avec un aplomb incroyable, nous dire que c’est la démocratie ui a civilisé le monde. L’Avenir s’approprie cette idée et la éveloppe de la jolie façon qu’on peut voir dans l'extrait suivant : ‘ La civilisation, cette puissance à part dans le monde, a tiré l’humanité de l’état de barbarie, d’ignominie, d’ignorance et de dégradation dans lequel le christianisme n'aurait pas pu l'empêcher de tomber.” Et nous qui, avec tous les plus profonds écrivains, avions toujours pensé que la civilisation était l’œuvre de l’évangile enseignée par.le prêtre dans tous les recoins du globe terrestre au prix de son sang et des plus grands sacrifices { Erreur pourtant : l'Avenir, le Pays, M. Dessaulles, les Rouges enfin, nous apprennent charitablement ue nous étions dans l’erreur, que la civilisation n’est pas ue au christianismé qui n’aurait ‘jamais pu allumer son flambeau et'empêcher les nations de revenir.à l’état sauvage. Puis leurs premisses ainsi posées, ils concluent que c’est la civilisation qui a dit aux peuples : “ Vous êtes de vrais souverains, et, aux rois, vous êtes Les serviteurs, rien de plus, et c’est un crime de vous en croire lee maîtres.” (Lecture de Dessaulles.] Comme vous voyez, c’est le Vox Populi, Vox Dei, dans sa plus large acception, qui fait émettre à nos Rouges ces idées encore neuvès en Canada, du moins, jusqu’en l’an de grâce 1851, où on avait eu la bonhomie de croire que Sa Majesté Britannique était notre auguste souveraine et que nous étions ses sujets. M. Dessaulles l’a dit, to’ te la hiérarchie démocratique l’& répété après lui, les : es sont intervertis par leur autorité, nous sommes les souverains et notre gracieuso Souveraine est notre humble servante ! Qui aurait Jamais cru qu’un démocrate de son espèce aurait des prétentions à la royquté ? du moins on cessera alors de l’appeler l’ancien maire-trésorier de Saint-Hyacinthe. Quant à moi, à coup sûr, je me retirerai aux antipodes plutôt que d’être sujet d’un royaume démocratique, .
L’axiome rouge, Vox Populi, Vox Dei, que M. Dessaulles traduit par cet autre : Les rois sont sujets et les sujets sont rois ! 8apé par la base tout respect pour l’autorité et cherche à détruire l’équilibre de l’échellé sociale, l’œuvre de Dieu et
û ra À { à:
C { LA 5 L KA (4 ul ; }
non des hommes. Aussi, voyez dans les endroits de nos villes dont les Rouges ont endoctriné la population d'hommes sans aveu, tout frein est rompu, on ne craint plus l'autorité, on y résiste même à main armée. On leur. a appris qu’ils sont rois et maîtres et que, dans l’ordre social, comme dans l’ordre politique, il n’y a ni foi ni autorité pour lier les hommes entr’eux.
Et on les entend se récrier contre ‘ la hiérarchie catholique qui refuse de reconnaître le dogme (drôle de dogme), de la souveraineté du peuple, mais laissons-la, disent-ils, exhaler sa mauvaise humeur qui entre peut-être dans les vues de la providence, et qui n’entraînera, pas d’un iota la marche des évènements. ” (Lecture de Dessaulles.) .: .
Pardon, le clergé catholique a. entravé, pour le plus grand bien de son pays et de ses compatriotes, la marche que vous vouliez faire prendre aux événements ; bien. plus, il vous a fait rentrer dans les ténèbres dont vous essayiez de sortir depuis quelques années. Espérons qu’il se remettra à l’œuvre vaillamment pour réparer le temps perdu, car il a peut-être un pêu tardé. Le mal est grand, il faut. qu’il se sacrifie encore une fois, qu’il se résigne à vos véhémentes attaques, car il y a, aujourd’hui comme jadis, danger pour la religion, la saine morale et le bien-être du pays, J'aurai l’honneur de lui soumettre, dans la conclusion de, ce travail, un projet qui sourit à beaucoup de ‘personnes bien pensantes, espérant qu’il le patronisera chaudement et qu'il prendra même à l’occasion, l'initiative, —comme le clergé de Montréal l’a déjà fait avec les plus heureux résultats pour lui, la religion, les Pons principes, — auprès de la jeunesse instruite de cette ville. Lau FN ‘soirs
Je ne puis résister, au désir de remettre sous les yeux du lecteur ce fameux manifeste rouge dans lequel on fait appel aux passions haineuses et brutales des fiers-à-bras, des hommes sans aveu, aux meurtriers enfin, à tout.ce que peuvent ces ramassis d’auberges et de mauvais lieux qui font la honte de, nos villes. Je dois tout d’abord.-donner quelques mots d'explication pour qu’on saisisse bien toute la portée de ce manifeste. ; b'antteegt 45
En 1857, vers la mi-avril, feu M. le Dr. Blanchet voulant se faire remplacer comme député de Québec, remit son mandat à ses électeurs qui invitèrent alors M, Stuart, un libéral conservateur, à lui succéder. Le parti rouge; de son
villes sans , on (4 À re poeux.
olique a gouler 8a proviévène-
grand > VOUS ous & tir deœuvre xt-être fie enles, car ion, la our de jet qui pérant ême à ’a déjà pn, les » cette
DUX ve appe 4; 0 pu vent ont la slques portée
pulant t son t, un le son
côté, se décida à lui faire de l'opposition et M. Marc-Aurèle Plamondon fut amené comme candidat. Le soir de la première journée de la votation, M. Stuart avait 850 voix do majorité, il va sans dire qu’un pareil succès jeta le désarroi dans le camp rouge. Il ne leur restait plus que la violence avec ses plus hideux excès, auxquels le parti est toujours bien aise d’avoir recours [on se souvient encore de l'élection de Dorchester, en juin dernier] ; aussi, le lendemain, on fit sortir et distribuer par les rues de Québec quelques milliers d'exemplaires de la sanglante et” infâmante proclamation dont voici les principaux passages: ‘ OUVRIERS DE SAINT- ROCH, BRAVES ARTISANS DU FAUBOURG SAINT-JEAN, n’y aurait-1l donc plus de cœurs dans vos fortes poitrines? PER- METTRIEZ-VOUS à une poignée de renégats [850 voix de majorité, une jolie poignée, comme on voit] de marchands apostats [sont-ce ceux de MM. Huot et Tourangeau], qui n’ont qu’un sac d’écus là où. un patriote doit avoir un cœur ferme ? leur permettriez vous de vous dominer pour soutenir un ministère qui vous a tous lâchement sacrifiés et trahis ? Amis démocrates ! ne sommes-nous pas les plus forts ? N’avons-nous Pas NOS BRAS, NOTRE COURAGE ? Amis démocrates ! ne sommes
‘ nous pas LES PLUS FORTS de même que nous sommes LES PLUS
BRAVES ? N’avons-nous pas NOS BRAS, NOTRE VALEUR, NOTRE
COURAGE ? [Ils se répètent pour être bien compris.] ÆEt uand nos ennemis emploient l’argent pour tout corrompre, vos ra8 DEMEURERONT-ILS TRANQUILLES ET INACTIFS ?
& La corruption des consciences et des votes par l'argent est un: monstre moral, lâche et sournois, la main du meurtrier glisse dans l’ombre son arme empoisonné ! (qu’en dit M. Thibaudeau) Canadiens, ÊTES-VOUS DES HOMMES DE CŒUR? Le moment est venu DE LE MONTRER |
“ En avant donc, aw poll ! ! ! et montrez-vous dignes de vous-mêmes. QUE VOTRE VICTOIRE ECRASE ET BROIE COMME SOUS VOTRE TALON, LA TRAHISON ET LA PERFIDIE QUI CHERCHENT A JETER DANS VOS CŒURS LE POISON DU SUICIDE!
« Démocrates ! FAITES VOTRE DEVOIR ! À BAS LES ARISTOCRATES ET LES REACTIONNAIRES !ILFAUT QUE LE PEUPLE RÈGNE !
: ET — Re. yéhene reg PES ed SET PE à PSE
Le)
{ ‘À Le +.
ä à \ 1 ni d { Eh 4 À | ei (1
mi @nine
# Hourrah pour Plamondon ! ! ! ”
Eh bien, lecteurs, qu’en dites-vous, ne vous semble-t-il pas entendre la Carmagnole, ou l’abominable refrain de 91 : ‘6 (a ira, ça ira ! les aristocrates à la lanterne ? ” Etait-ce bien en 1857 qu’on publiait ce manifeste, n’était-ce pas plutôt aux plus mauvais jours de la Terreur ? Voilà ce que veulent, ce que peuvent ces fougueux tribuns qui ont nom Plamondon, Fournier, Huot, Dorion, Dessaulles et compagnie. Pour soulever les masses toujours brutales, il n’y a rien qu’ils ne fassent lorsque leur ambition est en jeu.
Le résultat de cette proclamation, comme Garibaldi seul en sait faire, ‘fut une émeute à un poll du quartier Saint- Roch, où la force publique fut assommée, les livres de poll volés et remplis subrepticement de faux nomsen faveur du candidat Plamondon qui n’en fut pas moins battu, quoique la majorité de 850 voix pour M. Stuart tombât le lendemain, par suite de cette violence, à 150 voix seulement, tant il est vrai que Québec ne de pas les prineipes révolutionpaires de ces chefs d’émeute, mais qu'il y a plutôt dans notre population beaucoup de vénalité comme 1’a démontré la dernière élection de Québec-Centre, malheur dont la responsabilité retombe sur les Rouges, malgré leur dire.
Aujourd’hui encore, la population de Saint-Roch est punie
ar l’asservissement à ces mêmes démocrates qu’elle re-
oute sans raison ; elle les a laissés, une fois, faire les élections en 60, comme ils l’ont voulu, et maintenant ils ont réussi à se faire eroîre beaucoup plus forts qu’ils ne le sont en réalité. J'ose le dire en toute certitude, les 6-8 des citoyens de Saint-Roch gémissent d’un tel état de chose, sans avoir pourtant le courage de le faire cesser en se montrant aux polls pour faire enregistrer leurs voix contre un homme dont ils méprisent les principes: anti-sociaux et anti-religieux, et dont ils craignent l’entourage de fiers-à-bras et d’apostats qu'il a su se créer.
Il n’y a guère plus d’un mois [1] que la population de Saint-Roch fut toute étourdie de l’aplomb de son député cherchant à expliquer sa motion dans la précédente session du Parlement pour l’abolition de la peine de mort en matière
[1] Le 1° juillet 1863.
politique, n’osant, comme il le lui a formellement déclaré, proposer l'abolition de la peine de mort en général, afin de remporter ce qui lui semble justement un acheminement rapide vers son abolition totale.
Entr’autres idées croches que le inême député Rouge n’a pas craint d’exposer à ses électeurs, il a précohisé la révolution, ses chefs et ses adeptes. ‘ Les révolutionnaires, a-t-il dit, qui réussissent sont des héros! ”” [sic] Je me permettrai d’ajouter ou plutôt de déterminer sa pensée : ‘et ceux qui meurent sont des martyrs ! ” ce qu’il n’a pourtant pas eu le front de dire. Il se serait tro démésqus ! [1] Jetez votre langue aux chiens, M. Dessaulles, vous n'avez pas trouvé cette belle idée; vous ? Avec M. Huot, le:parti Rouge reconnaît, en Garibaldi, Mazzini, Buoncompagni, des héros de premier ordre. Grand bien vous fasse, messieurs, si de pareïlles idées vous vont et peuvent vous créer un: avenir parmi les vôtres ; mais, pour nous, si nous avions quelque velléité de parvenir, nous vous fausserions route, 4
Bier que le sujet soit vaste, et qu’il y ait beaucoup à citer et à dire sur leurs principes sociaux, je ne m’étendrai pas davantage. Le peu que-j’ai cité suffit pour démontrer clairement qu’avec eux bientôt tout ordre, toute paix, tout respeut pour l’autorité, les biens et la propriété seraient impossibles : les lois de: l'honneur leur sont étrangères, ils ne reconnaissent ni foi, ni autorité pour les lier entr’eux. Les
euples, suivant eux, sont rois, maîtres et souverains, c’est la oi du plus fort. Dans l’occasion, ils se font un jeu, comme
je l’ai prouvé, d'en appeler au meurtre et à tous les crimes de la violence sans frein et.sans bornes. Honte aux Rouges !
honte au ‘ Rougisme !:”
[1] On m'’assure que non-seulement ce député a laissé supposer que telle était sa pensée, mais qu'il l'aurait réellement formulée telle. RIT
mrdlies IIT,
Ses tendantes anti-canadiennes,
Au seul aspect de ce titre, j'entends déjà les réclamations de toutes sortes .de ces Rouges menteurs qui ne cessent de rôner leur patriotisme. À les en croire, eux seuls animent eur pays eux seuls jusqu’aujourd’hui travaillent à l’extension de sa sphère d'influence, et feront prendre rang à leurs compatriotes parmi les nations de l’Univers. Pourtant, messieurs les Rouges, qui, plus que vous, ont pris tous les moyens possibles d’anéantir ce qui fait La force .et doit faire l’avenir
ses mœurs en lui vantant la civilisation romaine; ses bons rincipes, en cherchant à introduire des théories subversives e la société ; ses. institutions, en préconisant, à lours détris ment, celles de l'étranger ; sa population, en pur ar vOs fawx exposés un émigration canadienne vers les Etats-Unis. Est-ce 1à tout le mal que vous avez fait, Rouges, faux pa: triotes ? Hélas ! non, mais je n’anticiperai pas davantage sur ce chapitre, je montrerai au fur et à mesure que la matière s’étendra, votre honteux et déplorable patriotisme, vos sourdes menées ; je prouverai, par vos œuÿres et vos actes, que vous avez honte d’être Canadiens, que le sang de vos glorieux ans ; cêtres s’est abâtardi, en vous, et qu'aujourd'hui tous vos sou 1 pirs, toutes Vos aspirations sont pour la république démocra: 1 tique, anarchique, je dirais presque machiavélique des Etats-Unis.
Pour mettre un pêu d’ordre dans tout ce fatras d'idées dis= parates, disons d’abord ce qu’est le patriotisme 3 la définition ll que j’en donnerai né sera pas de mon crû, nos Rouges crie li | raient à tue-tête qu’à leur tnstar je forge ma définition pour | mieux taper sur eux. Qu'ils se détrompent, il ne nous est pas nécessaire d'inventer sur leur compte pour leur faire de profondes meurtrissures, ils ont assez écrit, assez parlé pour nous contenter de toutes les sottises qu’ils nous ont débité En sans vergogne. La définition que je donnerai du patriotisme fl ‘est tirée d’une petite brochure, sortie des presses de l’Avenir, LEE et publiée par un certain M. Clément Dumesnil, un Rouge de \a plus belle trempe, comme l’annoncent toutes les idées cro+ ches dont il a émaillé sa brochure, car, véritablement, la
de votre pays pour lui faire perdre sa religion en la décriant}.
SSI SES 2e <e
ations nt de iment xtens
leurs
megoyens venir
riant}.
: bons rsives détris ar VOS Jnis.
* pa:
re sur atière rdeg vous x ans | sou Dora:
» des
: dis»
hition crie pour s est e de pour ébité ismé entr, re dé cro= t, la
soule idée juste qu’elle renferme est précisément la définition du patriotisme et les conclusions qu'il en tire. Voici cette définition : ‘“ Le patriotisme, c’est à la fois l’amour de son « pays l’amour national, l'amour de la religion, l’amour dé ‘ la constitution et des lois qui nous régissent. ”
Ce n’est certes pas promettre, j'espère, que de démontrer que vous n’aimez pas votre pays, messieurs les Rouges, que Vous n’avez pas l’amour national, ni l’amour dé la religion, ce
ui, du reste, est déjà précédemment prouvé, ni enfin l’amour e la constitution et des lois qui nous régissent.
Je suis si certain de remplir mes promesses, que, d'avance,
je vous applique les conclusions que déduit l’un de vous de
a définition donnée plus haut : ‘“ Ceux qui osent porter atteinte à la religion, à la morale, à la liberté, aux fondements les plus sacrés sur lesquels repose l'édifice social, qui unissent les fas milles entr’elles et les citoyens ensemble, sont sans patriotisme, ce sont véritablement des monstres [c’est un Rouge qui le dit] qui cherchent à déchirer le sein de leur mère !
D’abord, les Rouges n’ont pas d'amour pour leur pays, et bien plus encore, Ÿs rougissent de s'appeler Canadiens ! Je démontrerai plus loin la seconde partie de cette accusation } quant à la an ad j'en veux donner de suite de nombreuses preuves. Avant de commencer, on me permettra de poser une question aux Rouges ! N’avez-vous pas tous été ans nexionistes ? et n'êtes-vous pas encore chaud partisan de l’annexion du Canada aux États-Unis ? Cette fois, je suis certain qu’ils me répondront sans détour, qu’ils s’avoueront
ngénument annexionistes. Eh bien! dans ce cas, encore
une question, si vous me le pérmettez : des annexionistes ont« ils de l’amour pour leur pays ? Pour le coup, se trouvant dans une impasse, quelques-uns tergiverseront ; d’autres, plus accoutumés à déguiser leurs pensées, répondront affirmativement. Alors, pour ceux-là encore, plus que pour les premiers, nous allons voir ce que sont les annexionistes : le but qu’ils se proposent, les ee pts de leurs désirs, et, par contre, s'ils peuvent avoir de l’amour pour leur pays.
Des annexionistes sont des hommes qui, avec les chefs du rougigme, et avec MM. Doutre et Dessaulles, qui ont écrit sur ce sujet, voient tout couleur de rose chez os voisins de la désunion américaine ; c’est pour eux le pays qui a atteint ‘ l'apogée de la grandeur bon ii le plus hat degré de puise
sance individuelle, la clef du bonheur domestique [le flirtage sans doute] et de la prospérité de la société! [M. Doutre.] Des annexionistes sont encore des Rouges qui veulent respirer, vivre et jouir dans un milieu démocratique, se donner la singulière satisfaction d’énoncer librement, sans discussion comme sans réplique, tous ces principes démagogiques dont ici ils ne nous font connaître que le trop plein. Ce sont des hommes qui ont honte de leur nom de Canadiens-français, je l’ai dit plus haut et je le prouverai ! qui ont honte de leur religion, c’est prouvé ! de leur langue, de leurs institutions et de leurs compatriotes | Pour eux, le nec plus ultra du bonheur et de la liberté, ce serait de se voir côte à côte avec les Mormons, les Quakers et tous ces Yankees dont la vue seule excite un rire homérique.
Quels efforts le rougisme n’a-t-il pas fait pour faire mordre les Canadiens à ce funeste appât ; les écrits éditoriaux pleuvaient sur l’Avenir, le Pays, le National ; d’interminables discours et des manifestes de tout genre étaient mis en usage. M. Dessaulles, qui se trouve partout où il y a du mal à faire, M. Dessaulles a même fait sur ce sujet six longues et indigestes lectures données devant tout ce qu’il y a de Rouges à Montréal, et qui firent loi dans-tout le parti. De ma vie, pourtant, je n’ai vu un travail aussi rempli d'idées fausses, plus contraire à la saine logique, à la philosophie chrétienne, à la religion, à la société et à l’histoire surtout ; c’est, en un mot, un amas de: choses mal digérées, et comme M. Dessaulles seul, en Canada, en sait faire, dans lequel tout est effleuré et traité à un point de vue anti-canadien, et ui inspire réellement plus de mépris et de pitié que de co-
re.
J'avais intention, lecteurs, de vous engager à parcourir ces pages pour que vous connussiez ce que peut un rss et ce qu’il pense parfois ; mais véritablement j’y renonce, ce serait vous imposer une pénitence par trop rigoureuse pour vous comme pour tout homme dont le jugement est sain et dont les idées sont justes.
A ces lectures, M. Doutre a fait écho avec grand renfort de louanges dans la préface qu'il leur a mise, au point de prétendre ‘ qu’elles peuvent servir jusqu'à un certain point ‘“ de complément à l'ouvrage de M. de. Tocqueville : De la ‘4 démocratie en Amérique, et que le célèbre écrivain n'en
© tete poid © © 13 bed CPE br
se,
en, >. © bas
{ | {Lfort de int ! Lt e la
‘“ désavouerait pas la parenté. ” Si je ne puis prendre sur moi de ponte au nom du regretté M. de Tocqueville, bien qu’à coup sûr il renierait l’œuvre même comme parent au 50me degré d’afinité, je protesterai du moins au nom du bon sens, de la littérature et de la philosophie.
Au risque d’en avoir des courbatures, suivant la spirituelle expression de Pontmartin, j’ai dû lire les lectures de M. Dessaulles. Je l’ai dit, elle ont fait loi et ont été van. tées à cu mieux mieux par tous les Rouges devant qui elles furent lues avec force applaudissements ; elles me seront d’un grand avantage pour remplirdans cet article toutes les pres que j’ai faites et pourtant je ne l’en remercie pas.
Iles portent pour épigraphe cette pensée de M. Demaoiles : ‘6 Un pays libre à côté d’un pays esclave sert à ce dernier de “ miroir pour y voir ses difformités. ” Voilà, sans aucun doute, une des rares vérités que l’auteur ait trouvée dans son cerveau, mais malheureusement il les applique toujours à faux ; ici, pour lui, le Canada est le pays esclave, et les Etats-Unis le pays libre ! Belle liberté qui ne permet pas, par exemple, aux habitants du Nord de se prononcer aujourd’hui contre la guerre sanguinaire et barbare qui épuise les Etats-Unis. Le rougisme, pour arriver à l’annexion, a voulu nous faire mirer dans la glace fracturée de l’union américaïine. Nous l’avons fait, nous le faisons tous les jours et, après examen, nous reconnaissons que ses difformités sont pus laides et surtout plus difficiles à cacher que les nôtres.
ar suite, nous avons déclaré dans le temps, et nous déclarons encore aujourd’hui, que nous préférons garder notre autonomie qu’ils désirent si ardemment nous faire perdre : fort heureusement que le pays ne se laissera pas guider par des aveugles de cette sotte espèce.
À l’époque même où tout semblait fleurir sur le sol américain, où nos démocrates, nos Rouges,—c’est tout un,—parlaient le plus chaudement d’annexion aux Etats-Unis, les esprits clairvoyants présageaient déjà la dissolution prochaine de cette république démocratique. Pour en prendre un sur le grand nombre, un Canadien, l’auteur de la Réponse à la presse socialiste, écrivait en 1850 ce qui suit : “ Une fermentation mal concentrée, une haine mal cachée entre le Nord et le Sud présagent une dissolution prochaine et des conflits sanglants.” J'avoue que leur pénétration ne s'étend pas aussi
CR END Le A rer
net à FN CR PE rss
A spa