‹ Le rougisme en Canada [microforme]Chapitre 7 sur 13 · RE RARE · texte numérisé non relu

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loin dans l’avenir, et, personne, non plus, n’exige d’eux autant de jugement qu’on est en droit d’en attendre de ceux qui ont leur degré d’érudition et d'expérience sans avoir les faux principes qui étouffent leur intelligence, et en voici une preuve.

Plein d’admiration pour la prétendue liberté américaine, liberté qui, toute vantée qu’elle soit, n'existe même pas, nos Rouges nous disent : ‘ Vous avez vu le Président des Etats- Unis déclarer [1850] qu’il sacrifierait aa vie pour le maintien de l’unité nationale, mais vous ne l’avez vu maltraiter ceux qui commetlaient l'erreur de jugement de croire sa dissolution nécessaire ou inévitable.’ Qu'en dites-vous, lecteurs ? depuis trois ans, le président Lincoln a-t-il seulement sacrifié sa charge pour le maintien de l’unité nationale de nos voisins ? a-t-il assez maltraité les Sécessionnistes, en tuant par la peste, la famine et la guerre plus de 500,000 hommes du Sud, ui avaient commis l'erreur de jugement de croire que le temps e la dissolution de l’Union était arrivé ?

Que les Rouges admirent, qu’ils s’extasient même, s’il leur en tient, devant le gouvernement de la confédération améri- Caine, qu’ils s’y retirent dans l’excès de leur amour pour lui, nous n’y voyons aucun mal, bien au contraire nous serions bien aise de les y voir tous ; les Etats-Unis ne sont-ils pas le réceptacle du trop plein de toutes les misères des autres pays du monde ? Maïs qu’ils veuillent ou qu’ils cherchent à rabaiïsser notre pays au niveau moral de cette république, nous protesterons avec vigueur et énergie. Nous, à cette question posée sur la terre étrang ère : de quel pays êtes vous ? nous répondons la tête haute et avec une certaine satisfaction : nous sommes Canadiens. J’ai promis aux lecteurs que je démontrerais, preuves en mains, que les Rouges rougissent de leur pays et de leur nom de Canadien, c’est ici l’occasion de tenir ma promesse en exposant la manière dont ils répondent à la La sacramentelle entre voyageurs : de quel pays étesvous

‘ Nos Canadiens, disent-ile, ont-ils jamais ressenti beaucoup de plaisir, beaucoup de satisfaction personnelle en répondant : Je suis Canadien ? Pouvaient-ils mettre dans leur réponse cet accent indéfinissable, mais toujours parfaitement senti, de fierté nationale ow même d'importance personnelle qu’ils ont, sans

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doute, observé chez leurs interlocuteurs, quand, à leur tour, ils leur ont posé la même question ? ” (Lecture de M. Dessaulles).

Vous êtes patriotes, dites-vous, mais depuis quand de vrais patriotes rougissent-ils de leur patrie ? Est-ce que, pour un peuple qui compte à peine 200 ans d’existence, nous n’avons pas assez de gloire nationale à étaler aux yeux de l’étranger qu nous visite ou qui s’intéresse à nous sur la terre d'Europe ?

e souvenir de ces pieux et courageux pionniers de la foi et de la civilisation qui portèrent, avec le nom canadien, ces deux étendards des peuples naïissants dans toutes les parties de cette terre d'Amérique, n’est-il donc plus un titre de gloire et d’orgueil pour le Canada qui donna le jour à un Joliette et qui s’acquit un De la Salle et un Père Marquette ? Puis ces guerres sanglantes entre la barbarie et la civilisation où nos pères, suivant cette belle idée tant de fois rm tenaient d’une main le manchon de la charrue et de l’autre le fusil, prêts à faire Le coup de feu pour défendre leur famille at Leur patrimoine contre ces hordes envahissantes d’Iroquois ‘frnces, soudoyés par les Yankees, et qu’ils repoussèrent par .-tt valeur jusqu'aux forêts vierges qui avoisinent les grands sacs du Haut-Canada ! Des victoires comme celle de Carillon en remontant dans notre histoire, comme celle de Chateauguay encore si récente, sont-elles donc de si petits faits d'armes que votre "apr ne daigne pas s’y arrêter avec quelque complaisance ? Ne font-elles pas rentrer dans le néant toutes ces heureuses issues do la guerre de l’indépendance dont se targue tant le yankéisme, sans trop de raison FOUR puisque c’est l’épée valeureuse de la France qui

a leur a procurée cette indépendance après laquelle vous soupirez et qu'ils vont perdre avant longtemps. Les noms des Champlain, des d’Iberville, des de Bienville, des Joliette, des Vaudreuil, des Chevalier de Lévis, vous sont-ils donc inconnus, bien qu’ils aient obtenu les plus grands honneurs dans la mère-patrie ?

Mais non, toutes ces gloires ne sont rien pour vous, vous aimez les Américains vaincus chez nous à Chateauguay, ets ne pas nommer d’autres endroits, chez eux à Bull’Run,

Frédéricksbourg, à Charleston,'à Richmond, à Antietam et et que sais-je encore ? Suivant vous, nos pères ont eu tort d’être victorieux, tort en 91, tort à Châteauguay, en 1812 ;

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