‹ Le roy d'Yvetot operacomique en trois actesChapitre 3 sur 55 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Us Mêmes. MARGUERITE.

Marguerite, entrant par la droite et avec

timidité.

C'est vous, messirc Adalbert ?

adalbert.

Chère Marguerite !...

MARGUERITE

Jeanneton. si lu savais les belles (leurs qu'on a plantées sous ma fenêtre!...

JBANNRTUN, avec malice.

Kl vous n’avez pas deyiné quel est le galant ?

Marguerite, baissant les yeux

Non, Jeanneton. J

JEANNETON

Je vais vous aider, mam'selle; ce galant n'a pas oublié que c’est demain votre fête, sainte Marguerite: pour placer des (leurs sous votre balcon, il lui a fallu, au risque de se blesser vingt* fois, traveiser la haie d’aubépine...

marguerite, viiament.

Adalbert! quelle imprudence!

jeanneton, souriant.

Tiens, vous disiez que vous ne saviez pas! ..

MARGUERITE

N’ai-je pas tous les jours a remercier messirc Adalbert de quelque attention nouvelle?

ADALBERT

Je vous aime tant, Marguerite !... Aussi, voyez vous, ce soir même, a>anl le souper, je vous demande bravement à maître Josselyn votre père! jeanneton, passant entre eux.

Tout doux, tout doux, messire: vous allez un peu vite!

MARGUERITE

Pourquoi donc cela, Jeanueton ? qu’a-l-il^à craindre?

jeanneton.

Dame, maître Josselyn. .

adalbert, l interrompant

Est un ancien marchand drapier de Kouen :

i il me semble, Jeanneton, que ce n’est pas bien ! effrayant...

jeanneton.

Sans doute ; mais cet ancien marchand c>l maintenant le plus riche bourgeois d’Yvclol ; et i messire Adalbert, que j’aime beaucoup du reste, n’est, comme il nous l'a dit, qu'un pauvre orphelin.

MARGUERITE

Raison de plus ; mon père n’a-l-il pas du bien pour tout le monde ?

adalbkht.

Aussi, pas un habitant qui ne prie le ciel pour

LE LOI J n N ETOT.

lui; il ne peut pas se montrer sur la place sans être a l'instant même entouré, fêlé, béni...

J HANNETON

C'est vrai ; mais qui vous dit qu'avec sa ri- J rhrsse. il n ait pas songé pour sa tille a un échevin, a un capitaine d'armes, peut-être même à 1 un gentilhomme, un baron, qui sait?...

MARGUERITE

Lui ! mon père ! si simple, si bon !

ADALBUtT.

Je suis le gendre qu'il lui faut .. 1) ailleurs, depuis deux mois que j'habite la petite tourelle du jardin, que je lui ai louée, je fais tout pour lui plaire : je lui tiens tête lorsqu’il a le verre à . la main ; je répète ses joyeux virelais ; enlin, selon lui, je suis un gai compagnon...

MARGUERITE. d’un mi r confidentiel.

Il dit même que vous l'avez ensorcelé.

JKAXXKTOX.

Tout ça ne prouve pas qu'il vous accorde ce qu’il a de plus précieux!

Elle passe près «le la table, <-t commence à di 'poser le couvert.

MARGUERITE. '

Laissez dire Jeaiineton ; j‘ai de bonnes nouvelles !

adalbkkt. avec joie.

Il se pourrait... parlei. Marguerite!

MARGUERITE

Hier, sitôt après que vous nous eûtes quittés, je devins pensive, préoccupée ; je crus m’apercevoir que mon père me regardait en souriant ; puis il s'approcha de moi : « Marguerite, voyons;

» j’ai donc l’air bien sévère? Pourquoi ne pas se » confiera moi ? Qu’on vieune! qu’on me parle! »

El ses yeux se dirigeaient vers la tourelle que vous habitez.

adaubert, transporté.

Eh quoi ! Marguerite! il a dit cela!... Au fait, il a raison , pour obtenir, il faut demander. Aujourd’hui même, je lui parlerai : « Maître Josseu lyn, j'adore Marguerite ; pour mon bonheur.

» pour le sien, pour le vôtre, dites oui. et nous » courons à l’église ; ensuite les ménétriers; une » noce comme vous les aimez, bien gaie, bien » joyeuse, et vive Dieu! personne n'aura à s’en » repentir. »

JEARXKTON.

Voici le maître.

VU, V\ \ t « VV, ,UtlVHUU\UMVt,tV«\IVmUtU

Page 1