I.Ks Méhil. JOSSELYN
JOSSELYN
■' llKMIF.lt COUPLET
Fi des honneurs.
Des grandeurs !
Parlez-moi
D'uu chez soi Où l’on est bien h l’aise!
Où, bon bourgeois
D’autrefois,
Seul maître du son choit.
On ne suit que ses lois ;
Où, sitôt qu’on a froid.
On se chaude à sa braise;
Où, libre sous son toit.
Dès qu’ori a soif, on boil ;
Où lu plus doux accord Heniplace l’étiquette;
Où, sans soins, sans disronl.
Sans trouble, sans remord,
Sans effort,
On s’endort.
Faisant des songes d'or Sur sa pauvre couchette.
Oui, le bonheur est là.
Le cœur voua le dira,
Et d’être heureux voilà.
Amis, tout le mystère !
Il n’y manquera rien,
Si vous avez sur terre,
Pondant votre carrière,
Pu faire l’n peu de bien
tous quai n K.
Le bonheur, il est là;
Voilà tout le mystère ;
Le bonheur, il est là.
Le secret le voilà!
lOaSBLVR.
DEUXIÈME COÜPI.KT.
Sans ennemis,
Sans soucis,
llien portant, moi, jo vis.
Sans jamais savoir l'heure .
Au pèlerin.
En chemin,
Paiement j’ouvre soudain Et ma bourse et ma main ;
Il est bien accueilli Dans ma simple demeure .
Toujours il trouve ici En charitable abri.
De lui je fais grand cas.
Pourvu qu’il soit bon diable,
Qu’il goûte à tous les plats ;
Chez moi point d'embarras,
Même après le repas.
On ne lui défend pas De tomber sous la table.
Oui, le bonheur est là,
Le cœur vous le dira ;
Et d’être heureux voilà.
Amis, tout le mystère '
11 n’y manquera rien.
Si vous avez sur terre.
Pendant votre carrière.
Pu faire lin peu de bien
ENSEMBLE
Lu bonheur il est là.
Voilà tout le mystère;
Le bonheur il (Hit là.
Le secret le voilà !
JOSSBLY X,
Eh bien, Jcanncton, eh bien, nw mie, la.
table n’rtt pas mite, le cidre n’est pat tiré?.,.
magasin théâtral
Ksi pc que mon compère le curé de Saint-Thomas aurait supprimé les soupers dans sa paroisse?
jeanneton, commençant à dresser ta table
Oh! il aime irop ses ouailles pour cela...
JOSSELY* . à Adnlberl
Ah ça. mou jeune hôte. ..mou gentil damoisel... vous sou pez avec nous?... c’est convenu. Allons, dépêchons, Jeanneton... dépéchons !.. nous avons de grandes a flaires ce soir, a la veillée... rendesvous général chez André le huvetier .. ça me fera coucher tard... ça n>st pas dans mes habitudes; mais enfin...
AUALBKRT.
!• t pourquoi donc ce rendez-vous?
JOSSELYN
Ne voilà-t-il pas un grand mois que la nouvelle de la mort de notre pauvre sire le roi d’Yve* lot nous est arrivée ?
MARGUERITE , ri Adalberl.
Le brave seigneur était allé en terre sainte pour accomplir un vœu.
jr»S5iH.TN.
Oui... et il aurait bien mieux fait de rester chez lui... il nous aurait évité de grands embarras... car il ne laisse pas d’héritier, et nous sommes obligés de nous choisir un maître.
AOll.tlKHT.
Sur qui a-t-on jeté les yeui?
JOSSELYN
Ils n’ont pas encore pu s’entendre!... I.es uns veulent le comte d’Evreux; les autres prétendent se donner à nos voisins les puissants chevaliers de Malle, de la rommanderie d’iloudeville. Je ne m’en suis gucre mêlé jusqu’à présent.
MARGUERITE
Sans ce!a, il y a longtemps que ce serait décidé...
jeanneton, toujuurs occupée d mettre le couvert .
Je crois bien. . Maître Josselyn est le plus gros bonnet de h» ville... et il n’aurait qu’un mot à dire...
JOSSELYN
Après tout, mes enfants, cela m'importe fort peu, pourvu qu'on me laisse en pais bien boire, bien manger et bien dormir',.. Cependant, j’avoue que je penche pour les chevaliers de Malte.
AUALBtiiT, vivement.
Ah! mess ire!...
JEAN NKT ON.
Par exemple!
JOS<Kt.YN
Klaï «h ! ce sont nos plus proches voisins... des guerriers très peu commodes... Depuis longtemps ils ont des prétentions sur notre pauvre petit royaume... cela pourrait concilier bien des choses...
ADALBEKT
Oh! vous réfléchirez, messire... Le comte d'E- \ relit est un puissant seigneur... qui mieux que ïu» petit tous protéger . vous défendre?
JEanxeton , s’approchant , et tout en essuyant
une assiette.
C'est aussi mon opinion... Les chevaliers de Malte sont de braves guerriers sans doute, nuis ils sont tristes, sévères...
MARGUERITE
Leur chef surtout, le commandeur Héginall d’iloudeville... il est. dit-on, d’une rigidité ...
jevxnbyox.
Kl puis, des gens qui. par état, douent délester les femmes!... N'est-ce pas, messire Adnlbert? aualbert, tremble.
Je ne sais... j’ignore...
JEANXETON.
Tandis qu'avec le comte d’Kvreux nous aurions une cour brillante., des fêtes, des passes d'armes: on ne pourrait plus faire un pas dans Yvelot sans remontrer un prince, un duc. un comte, on haut baron!... les belles toilettes, les beaux seigneurs... les riches damoiselles !... Et vous, mal Ire Josselyn. grâce a votre richesse, vous pourriez acheter un lief, devenir noble et passer par les rues en belle litière dorée.
marguerite, souriant.
En lilièrr dorée... mon père!
JOSSELYN
Il y a longtemps que je dis qu’elle est folle... Mais qui vous a mis eu tète de telles idées, ma mie?...
jkannrton, avec orgueil.
Quelque chose en moi qui me «lit que je ne suis pas faite pour rester une vilaine... je dois monj ter...
JOSSELYN
En attendant il faut descendre... au cellier...
1 Apporte-moi trois pots de mon plus vieui cidre ..
ADALBERT
C'est ça!... on no saurait fêter trop gaiement un jour comme celui-ci!... l.a veille de sainte Marguerite !...
josselyn.
Ah! mon Dieu! où donc avais-je la tête? (A Marguerite.) J’allais oublier de te faire mon présent; car j’y ai songé, ma petite Marguerite!
T»hs «** rapprochant de Josselyn avec curiosité. QUATUOR.
Oui, mou cillant, pour célébrer ta fête.
Selon mon cœur, selon mes virai,
1 Des le matin, j'ai cherché dan< ma tête Ce qui doit te plaire le mieux;
Et je crois avoir, dans mon zèle,
Su choisir, en fait de présents,
Olui que gante demoiselle Doit préférer à dix-sepl n«s
ENSEMBLE
Oui, j’ai su trouver dans mon zèle, etc.
ADALBERT, MARGUERITE et JEANNETON. cher -
chant, à part.
Qu a-t-il donc choisi dans son zèb*.
Et quel est, en fait de présents,
Celui que genle damoisetle Doit préférer à dix-sept ?
LE KOI D'YYETOT.
ICAKNLTuK.
J'v kuîk... i’y suis .. riche dentelle?
JURSELT*.
Ce n’est pas ra...
ADALBERT
De beaux bijoux ?
JOSSELYIX.
t e n’est pas ra.
marguerite.
Robe nouvelle?
josselyn.
O n’est pas ça
ADALBERT
Mais diles-nous. . .