‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 10 sur 221 · I-E noYAVMr; nn i. v ruk saint-iionoui · texte numérisé non relu

I-E noYAVMr; nn i. v ruk saint-iionoui

anecdotes foisonnent sur son compte : l'une des [)lus connues le représente lisant plusieurs fois de suite, sans s'en apercevoir, le premier tome d'un livre de voyages, et s'écriaut avec conviction : « Ce livre est très intéressant, mais il me semble que l'auteur se répète un peu. » Tel autre de ses visiteurs l'aurait surpris un jour plongé dans le dictionnaire de Baylc. qui s'imprimait sur deux colonnes , et suivant les lignes d'un bout à l'autre de la page, de la meilleure foi du monde : u Quel excellent ouvrage, aurait-il dil, s'il était seulement moins abstrait ! » Un troisième enfin l'a questionné, une fois qu'il revenait de la Comédie, et en a obtenu cette réponse : « Je ne puis vous dire la pièce que l'on donnait, je n'ai pas eu le temps de regarder l'afllclie^ » On a poussé l'injustice jusqu'à lui reprocber son goût innocent pour la « trompette marine », qu'il pratiquait à ses moments perdus, et qui n'est pas, comme on pourrait croire, la conque légendaire des tritons de .Septune, mais bel et bien un instrument à cordes, dont on jouait avec un arcliel. Toutes ces liistoires, plus ou moins piquantes, qui couraient les salons. et défrayaient les gazettes, furent, à n'en pas douter, inventées après coup, pour divertir la galerie, et donner quelque relief à une physionomie qui, considérée en elle-même, semblerait plutôt effacée. La vérité sans fard est que M. Ceoffrin était un

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