‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 113 sur 221 · Lettre à d'Alembert, 28 juillet 17G · texte numérisé non relu

Lettre à d'Alembert, 28 juillet 17G

LE ROYAUME DE LA UUE S A 1 NT-II O N O RÉ . 25l

amie, et il le représente comme « un excellent conducteur de voyage, ni trop lambin, ni trop presse, aimant fort ses aises, d'un bon caractère », bref, possédant toutes les qualités de l'emploi. Les attentions du Roi ne se bornent pas à celte recommandation. 11 s'occupe en même temps à faire réparer tant bien que mal « les mauvais ponts et les mauvais pas » , et il promet d'envoyer à Vienne un officier de sa maison, qui s'efforcera de rendre le trajet jusqu'à Varsovie le moins désagréable possible.

Tant de pourparlers, ces escortes, ces apprêts de tous genres, donnent au voyage de madame Geoffrin l'allure d'un déplacement princier, et son départ, comme le dit M. de Mouy, a lieu avec une solennité qui fixe les yeux de l'Europe entière. C'est le mercredi 21 mai 1766 qu'elle se mit en route, à trois heures après midi *, dans la vaste berline à laquelle on travaillait depuis un an. Elle n'y avait pour compagnie que ses deux femmes, car le comte de Loyko, qui décidément « aimait fort ses aises », se faisait voiturer à part dans son propre carrosse. Au reste, les lettres de madame Geoffrin ne parlent guère de ce diplomate, et il semble que sa société ait ajouté peu de chose à l'agrément du voyage. Ce ne sont pas davantage les beautés de la nature, dont la

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