LE ROYAVMF, DE LA U L K S V I N T- II O ^' OU É
parfaitement gaie et de belle humeur, et sa santé se soutient aussi à merveille. « J'ai eu pendant tout le voyage, écrit-elle à son ami Boulin ', ces certaines belles couleurs que j'avais pendant celui du Housset, bien que je n'aie point bu le petit coup, ni chanté la chansonnette. » Après un arrêt de quatre jours à Durlach, chez le margrave et la margravine, qui lui font les honneurs de leur petite cour, « magnifique et servie à la française », et où elle remporte « un premier petit succès » dont elle se montre fort satisfaite, elle se remet en route pour Vienne. Elle y parvient enfin le samedi 7 juin ; et là commence véritablement la période triomphale de sa vie.
Le bruit de sa prochaine arrivée s'y était répandu à l'avance, et depuis quinze jours déjà, le premier ministre, M. de Kaunitz, avait donné ordre à toutes les postes de l'Empire de le tenir au courant de la marche d'une si illustre voyageuse. Aussi, dès le lendemain de son débarquement, sa chambre est à peine ouverte, qu'elle est envahie par une foule de pages et de messagers, envoyés pour la complimenter, savoir de ses nouvelles, et la prier à dîner. A onze heures du matin, « les ambassadeurs de toutes les cours », et les nombreux seigneurs qu'elle a reçus à Paris et dont elle se souvient à peine, viennent lui présenter leurs hommages. Le prince Galitzin la