‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 116 sur 221 · I . Receveur général des finances · texte numérisé non relu

I . Receveur général des finances

supplie de quitter sou auberge pour venir loger chez lui, et, sur sou refus obstiné, il lui envoie tout ce qui peut lui manquer, met sou carrosse à ses ordres, et lui fait porter chaque matin du « café à la crème » . Enfin elle est la reine du jour, et elle en savoure la jouissance. « Vous autres, écrit-elle gaîment, qui vous moquez de moi toute la journée, vous seriez confondus si vous voyiez le cas que l'on fait de moi ici ^ »

Au milieu de tant d'honneurs, elle n'oublie ni ses amis, ni môme sa famille. Une lettre qu'elle adresse à sa fille le lendemain de son installation à Vienne retrace avec une verve familière le tableau des derniers jours de son voyage, et décrit ses impressions d'arrivée.

« Vienne, 8 juin 1766.

» Je suis débarquée ici hier au soir, après dix-huit jours de marche. Il y aura mercredi prochain trois semaines que je suis partie de Paris ; eu rabattant les quatre jours de séjour ^, je vois que l'on peut faire le trajet de Paris à Vienne en quinze jours.

» Je suis arrivée en très bonne sauté, ainsi que mes gens. Je suis très contente d'eux. Si la patience et la douceur sont des vertus d'habitude, il est sûr que l'ami Burigny sera très bien traité à mon retour, au

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