Archives de la famille d'Estamjics
un ange », et, assure-l-on, laissa échapper à mi-voix celle exclamation : « Voilà une petite archiduchesse charmante ; je voudrais bien l'emporter avec moi ! — Emportez, emportez ! » répondit en souriant l'Impératrice, qui recommanda ensuite à madame Geoffrin « d'écrire en France qu'elle avait vu celte petite, et qu'elle la trouvait belle ^ » Ce souvenir ne fut sans doute pas étranger à la bienveillance que la « petite archiduchesse », devenue reine de France, témoigna par la suite à madame Geoffrin. Bien longtemps après cette scène, la rencontrant à l'exposition des tableaux du Louvre, Marie-Antoinette, qui était accompagnée de la comtesse de Provence, s'avança vers elle de l'air le plus gracieux, et lui montrant Madame : « Voulezvous bien, lui dit-elle, que je vous présente ma bellesœur 2 ? » Madame Geoffrin, ce jour-là, put se croire de dix ans plus jeune, à l'époque glorieuse où elle passait ses journées avec des souverains, et voyait un Empereur debout à la portière de son carrosse.
Il faut pourtant s'arracher aux enchantements de Vienne ;
« Enfin, écrit-elle le 12 juin à sa fille, j'espère pouvoir quitter Vienne demain, et ce ne sera pas sans regret. Je crois rêver, quand je vois la façon dont je suis traitée. La cour et la ville m'ont comblée de bontés. J'ai vu l'Empereur, l'Impératrice-Reine,