Correspondance de La Harpe
aGo lE ROYAUME DE LA RUE S AINT-IÎONORÉ .
les archiducs et les archiduchesses, avec la même aisance que je vois les personnes qui me font l'honneur de venir chez moi. Toute la famille impériale, chacun en particulier, m'a dit les choses du monde les plus flatteuses ; je leur ai à tous baisé la main. M. le prince de Kaunitz, premier ministre et puissant ministre, m'a comblée d'attentions. Je n'ai presque point quitté sa maison, qui est la meilleure et la plus brillante que l'on puisse imaginer. Il a une sœur veuve, qui en fait les honneurs d'une façon charmante.
» ... Je me porte parfaitement bien, et mène la vie la plus agitée qu'il soit possible. Tous les jours, de grands dîners qui sont excellents. Toutes les aprèsmidis, des visites chez des femmes charmantes, et dont je suis reçue avec des grâces infinies. Je passe toutes mes soirées chez le prince de Kaunitz, où toute la meilleure et la plus grande compagnie se rend, et où l'on est aussi à son aise que si l'on était chez soi. Vous voyez, belle marquise, que vous avez une mère qui est digne d'avoir cet honneur \ »
Le prince de Kaunitz. que nous avons déjà rencontré au cours de ce récit, et dont le nom revient si souvent dans les lettres qu'on vient de lire, paraît avoir été un personnage assez original, et qui ne prodiguait pas à tout le monde les « attentions » et les prévenances dont se vante madame Geoffrin. Le