Mélanges du comte d'l']scherny
LE ROYAUME UE LA RUE SAINT- HONORÉ. Siy
pour sa personne ; et il s'en plaint dans sa correspondance : « Je reçus, ccril-il un jour *, la visite de madame GeolTrin, qui me traita comme une bete, et qui conseilla à ma femme d'en faire autant. La première fois, elle était venue pour gâter ma famille ; cette fois, elle serait venue pour gâter ma femme, et lui apprendre à mépriser son mari. » Madame GeofTrin, en effet, si elle n'attirait pas Diderot chez elle, allait quelquefois chez lui. Elle était même une des seules femmes qui rendît visite à madame Diderot, pauvre créature inoffensive et simple, assez durement malmenée par son époux, et dédaignée par la plupart des amis de ce dernier. Madame Geoffrin avait pitié d'elle, et lui témoignait de l'intérêt. C'est en accomplissant cette bonne œuvre qu'elle fut frappée de la pauvreté du ('. réduit philosophique » qui abritait Diderot et sa famille ; l'aspect misérable de ce logis lui serra le cœur ; et, sans parler de son dessein à personne, elle profita d'une absence de l'écrivain pour faire déménager ses meubles et ses ce haillons », qu'elle remplaça séance tenante par un mobilier neuf, commandé tout exprès, et dont la simplicité n'excluait pas l'élégance. Elle poussa même la recherche, sachant le goût de Diderot pour la peinture, jusqu'à orner les murs de son salon de toiles des meilleurs maîtres, entre autres deux paysages de Joseph Vernet. L'intention, certes