I. i5 septembre 17O7. Lettre à mademoiselle Volland
3l8 LE ROYAUME DE XA RUE S A I N T-HO NORÉ .
était excellente. Le philosophe lui en sut-il beaucoup de gré? La chose est moins certaine. Dans le morceau, d'ailleurs exquis, intitulé : Regrets sur ma vieille robe de chambre S s'il compare à son ameublement ancien celui qui lui fut substitué, c'est surtout, semblet-il, pour déplorer la perte du premier, auquel il tenait par le lien puissant de l'habitude. Mais il est permis de ne voir là qu'un paradoxe littéraire ; et sans doute eut-il moins de peine qu'il ne dit à se résigner à son luxe.
Ce bienfait discuté n'était d'ailleurs ni le seul, ni le principal, dont Diderot fût redevable à madame Geoffrin. Le plus grand service qu'elle lui ait rendu remonte au jour où un arrêt du Conseil du Roi révoqua le privilège de l'Encyclopédie ^. La pubhcation, à moitié achevée, en reçut un coup terrible. Plusieurs des plus célèbres rédacteurs, d'Alembert entre autres, prirent peur, et firent mine de se retirer de l'affaire ; et, bien que l'intervention de M. de Malesherbes ^ eût en partie raccommodé les choses, la timidité de l'imprimeur, et le manque des fonds nécessaires pour relever son courage, faillirent amener l'avortement de cette vaste entreprise. Pour Diderot, c'était la ruine complète, la ruine de ses biens comme celle de ses espérances. Ce fut madame Geoflrin qui le sauva. Elle s'engagea