I. Collection de M. Guillaume Guizot
LE ROY VU M K DE L V Ul i: S A I N T- II O \ O R É . 345
recueillir clans son camp la spirituelle transfuge du couvent de Saint-Joseph était pour madame Geofîrin une véritable aubaine, et les portes de l'iiôlel de la rue Saint-Honoré s'ouvrirent à deux battants pour la protégée de d'Alembert. « Je fus très étonnée, dit madame de la Ferté-Imbault, un jour que je revenais de la campagne, de trouver installée dans le salon de ma mère une figure très extraordinaire, que je n'y avais jamais aperçue, et qui semblait comme chez elle. » Ce n'était pas assez de cet accueil : madame GeofiFrin, quand elle voulait du bien aux gens, n'avait pas pour habitude de se borner à des gracieusetés platoniques, et sa nouvelle amie sentit bientôt des effets plus certains de sa bonté. Non seulement la jeune fille reçut dès l'abord, pour payer ses dettes criardes, une somme assez ronde, pour laquelle madame Geoffrin vendit plusieurs de ses plus beaux Van-Loo * ; mais une pension viagère de trois mille livres vint promptement augmenter son maigre revenu, pension sur laquelle la bienfaitrice et l'obligée gardèrent si bien le silence, que, de leur vivant, personne n'en eut le moindre soupçon, et qu'on l'apprit seulement après la mort de madame Geoffrin. par l'examen de son livre de comptes.
Ces questions matérielles une fois réglées, des rapports d'une familiarité croissante se nouèrent eiiti'c