‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 158 sur 221 · I. Madame du Barry · texte numérisé non relu

I. Madame du Barry

n'eut pas très nettement conscience de ses convictions intimes. De son enfance très pieuse, il lui était certainement resté, à défaut d'une foi solide, un grand respect pour les principes de la morale chrétienne ; et rien ne la fâchait davantage que d'entendre traiter ces graves matières avec une inconvenante légèreté *. Par contre, certaines phrases échappées à sa plume, notamment dans les lettres au roi de Pologne où elle s'épanche plus librement qu'ailleurs, font douter de la pureté de son orthodoxie : (( Je me crois, écritelle un jour, plus philosophe que Socrale; la mort était pour lui un objet sur lequel il faisait de beaux discours. Pour moi, elle n'est que la cessation d'clre. Aussi je la vois sans peine. » Plus encore que ce langage, les habitudes de vie que nous lui connaissons, l'appui décisif qu'elle apporte à l'Encyclopédie, son intimité constante avec tous ceux qui mènent contre l'Église une guerre acharnée, ne permettent guère de la considérer comme une fervente catholique. Mais, par une contradiction singulière, elle tint à demeurer toujours strictement fidèle aux pratiques extérieures de la religion; « elle voyait souvent son curé, qui était un homme d'esprit, et faisait ses Pàipies tous les ans - ; » et, quoi qu'on en ait dit, elle ne prélendit jamais s'en cacher. Quand Marmontel. dans un

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