‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 16 sur 221 · I. Soivenirs de madame de la Ferté-ImLault · texte numérisé non relu

I. Soivenirs de madame de la Ferté-ImLault

encore des surprises. Les réceptions récemment inaugurées s'organisèrent bientôt sur des bases nouvelles. Au xTiii^ siècle, comme au siècle précédent, la coutume était de dîner à une beure et sans cérémonie ; et c'était pour le souper du soir que se faisaient les invitations ^ Madame GeofTrin fut une des premières à rompre en visière avec cet antique usage et à faire du repas du jour le repas important, ce qui permettait de prolonger les causeries pendant des licures plus longues. Par une autre innovation — et afin de s'assurer l'assiduité des convives de son choix — elle assigna un jour fixe à ces agapes bebdomadaires ; et les dîners du mercredi, dont quarante ans de succès devaient consacrer la gloire, se succédèrent dès lors avec une régularité que rien ne put jamais interrompre. Le train de maison s'accrut en conséquence, et la patriarcale simplicité d'antan fit place à une espèce de luxe que les mœurs bourgeoises n'admettaient guère à cette époque.

L'indignation de M. GeofTrin fut portée à son comble par cette révolution domestique. Bien qu'il fut maintenant fort riche — ayant considérablement augmenté, par des spéculations heureuses, sa fortune personnelle et la dot de sa femme — il était aussi fort économe. Il lui parut intolérable de voir une bonne part des revenus acquis par son labeur passer en frivoles dé-

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