‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 162 sur 221 · septembre 177G · texte numérisé non relu

septembre 177G

LE ROYAUME DE LA RLE S A 1 .\ T - IIO N O IIÉ . 3(j()

de bien ont raison jusqu'à un certain point ; mais en même temps la charité chrétienne m'engage à éviter un éclat qui serait très fâcheux pour vous. Je conseille donc, monsieur, à votre amour-propre et à votre esprit de ne tenir en public et dans la chambre de ma mère que des propos décents sur le devoir qu'elle vient de remplir, afin de ne pas me mettre clans la nécessité de vous faire fermer sa porte.

» Comme vous avez beaucoup d'esprit l'un et l'autre, vos esprits se sont entendus et amusés ensemble jusqu'à ce moment. Mais l'unie de ma mère vaut mieux que la vôtre, monsieur, elle est plus portée à la religion, à la vertu et à l'amour de l'ordre ; et, dans l'état où elle est, c'est à son âme qu'il faut parler plutôt qu'à son esprit. Pendant dix ans de sa première jeunesse, elle a aimé Dieu et la religion de la meilleure foi du monde. Elle m'a souvent dit qu'elle était plus heureuse dans le temps de sa dévotion que depuis qu'elle a eu l'air de l'avoir abandonnée ; et je dois à la vérité, monsieur, de vous dire qu'elle a toujours plus aimé Dieu qu'elle n'a aimé vous et vos semblables. J'ai l'honneur ^.. »

Cette lettre terminée, la marquise la fit porter immédiatement chez d'Alembert, comptant bien qu'après une déclaration si péremptoire, le philosophe « se tiendrait pour dit de ne plus pénétrer dans la cham-

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