‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 27 sur 221 · Souvenirs de madame de la Ferté-Imbault · texte numérisé non relu

Souvenirs de madame de la Ferté-Imbault

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Deux jours après, heureuse de son succès, elle remit l'entretien sur cet acte de bienfaisance, afin de lui en faire compliment ; il ne sut même pas de quoi elle voulait lui parler; il n'y avait jamais arrêté sa pensée. Cette glaciale indifférence n'avait cependant rien d'affecté, ainsi qu'on pourrait être tenté de le croire ; il était né ainsi, et, par là, il tenait de famille, comme il le dit à madame Geoffrin, qui l'interrogeait sur son ascendance : a Mon père, confessa-t-il, était une Lêle ; mais ma mère avait de l'esprit. Elle était quiétiste ; c'était une petite femme douce, qui me disait souvent : « JMon fils vous serez damné. » Mais cela ne lui faisait j)oint de peine ^ »

Dans les derniers temps de sa vie, il devint extrêmement sourd ; ce fut sa seule infirmité. Sa sérénité u'en fui aucunement altérée, non plus que son humeur mondaine. Il continua, comme par le passé, à venir aussi régulièrement aux réunions de la rue Sainl- Honoré. Il s'asseyait au milieu du cercle, et, son « cornet » à la main, étudiait la physionomie des causeurs. Quand il jugeait à l'expression des visages que la conversation devenait intéressante, il demandait qu'on dît dans son cornet le sujet de la discussion et le point où l'on en était. Puis « il se recueillait, conversait avec lui-même », et, prenant ensuite la parole, exposait ses vues personnelles, tout en guellaiil du

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