‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 29 sur 221 · Conversation de madame Geoffrin, etc. (Loc. cil · texte numérisé non relu

Conversation de madame Geoffrin, etc. (Loc. cil

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sortir de chez soi. — Vous vous moquez? Vous lui êtes inutile, vous ne le \oyez jamais. Venez chez moi ! »

Il céda, et vint dîner. A la fin du repas, il se tourna vers madame Geoffrin : « Il faut pourtant envoyer savoir comment il est. »

Mathieu, son porteur, part, et revient hientôt avec un air joyeux : « Monsieur d'Aube est beaucoup mieux ; il a moins de fièvre. » Fontenelle fait un léger soupir, et d'un ton piteux : « Vous verrez, dit-il, qu'il en reviendra ! » Il mourut cependant.

L'exisicncc d'un homme ainsi fait ne pouvait manquer de durer au delà des limites ordinaires ; elle se prolongea effectivement jusqu'à sa centième année. Quelque temps avant sa fin, le voyant dans un grand état de faiblesse, madame Geoffrin lui dit : « Mon ami, il est honteux que vous n'ayez point fait de testament, et que vous exposiez vos vieux domestiques à mourir de faim. » Sur quoi, elle le prit dans son carrosse, le mena chez son notaire, et lui dicta ce qu'elle jugea nécessaire pour satisfaire aux devoirs de l'humanité. L'acte rédigé, il la nomma exécutrice testamentaire, et lui fit présent d'une bague, afin, lui expliqua-t-il, de se conformer à u l'usage » en pareille circonstance *. Quand approcha le moment fatal, elle le fit confesser, veilla à ce qu'il reçût les sacrements avec

I. On a vu au chapitre préccdeiil les ennuis que ce testament valut à niailame GcolTrin.

LE nOYVLME DE LA RUE S A I N ï- II O N O n É . /|f)

toute la décence convenable, et l'assista jusqu'à son dernier souille. La séparation suprême fut, entre ces deux êtres, telle qu'avait été leur longue intimité : sans effusion, sans déchirement, .sans secousse — el peut-être aussi sans regrets.

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