‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 33 sur 221 · I. Lettres (le DiJerot à Falconet, G septembre · texte numérisé non relu

I. Lettres (le DiJerot à Falconet, G septembre

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à fréquenter les artistes, est devenue plus habile dans l'art de ménager ces amours-propres chatouilleux, de gouverner d'une main légère ces âmes irritables et sensibles. Elle apprend à laisser quand il convient « leur imagination à l'aise » ; elle acquiert le talent de les orienter doucement vers les vues qu'elle préfère, tout en leur donnant à croire qu'ils travaillent « la bride sur le cou ^ » ; et, dans une heure d'épanché— ment, elle résume elle-même en ces termes le fruit de sa longue expérience : « Je suis devenue leur amie, parce que je les vois souvent, les fais beaucoup travailler, les caresse, les loue, et les paie très bien ^ ». Sous cette intelligente direction, les réunions du lundi prennent un charme spécial, et tous ceux qui les ont connues semblent en avoir gardé un exquis et précieux souvenir. La composition en était calculée avec un soin extrême, et la maîtresse de maison se montrait incomparable dans l'art d'assortir les convives, et de combiner, par un choix délicat, l'harmonie avec la variété. Tout en maintenant à chacun des deux jours consacrés son caractère primitif, le lundi aux artistes, le mercredi aux gens de lettres, elle n'avait garde d'ériger cette division en règle absolue, d'établir un classement immuable, d'enfermer ses amis dans des catégories étroites et tranchées, qui les eussent isolés les uns des autres comme derrière une muraille de

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