‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 35 sur 221 · I.i: ROYAUME DE I, V UCE S A I N T- II O N O R É . 6l · texte numérisé non relu

I.i: ROYAUME DE I, V UCE S A I N T- II O N O R É . 6l

recommandation chaleureuse ^ : (( J'ai appris, lui ditelle, qu'un nommé le petit Mozart, dit \o petit prodirjc en musique, était à \ienne avec son père... Le père étant, et toute sa famille, de fort honnêtes gens, ils ont été généralement considérés à Paris, et en particulier de plusieurs personnes de ma connaissance, qui fait^aicnt un très grand cas des vertus du père et des talents des enfants. Daignez, mon prince, mettre cette honnête famille à l'ombre de vos ailes ; ils seront lieureux et ils le seront plus que moi... »

Pour achever de nous retracer la physionomie de ces dîners artistiques, à peu près uniques en leur temps, nous avons un document précieux, d'autant plus sincère, qu'il est écrit de la main d'un enfant. Henry Costa de Beauregard, dont un de ses descendants nous a si éloquemment conté la noble existence ^, n'avait que quatorze ans et demi lorsqu'il quitta son château de Savoie pour se produire à Paris, où son charmant esprit et son précoce talent de peinture fixèrent bientôt tous les yeux et lui valurent un succès général. Il se fit, comme de juste, présenter à madame Geoffrin, qui le traita d'abord familièrement de « petit drôle » et de « petit bonhomme », puis l'invita sur l'heure au dîner du lundi suiA^ant, lui et ses tableaux, « car, dit-il,

1. 27 avril 1-G8. Lettre de madame Geoffrin au prince de Kaunitz, citée dans la Correspondance de Kaiinitz avec Mercy~ Argenteaii.

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