Un Homme d'autrefois, par le marquis Costa de Beauregard
elle m'a prévenu qu'elle ne me recevrait pas sans cela ». Il fut, bien entendu, exact au rendez-vous, et écrivit le lendemain à son père pour lui conter ses impressions toutes fraîches ; je ne saurais mieux faire que de transcrire quelques fragments de ce récit : « La dame se trouvait en compagnie de Vernet *, et d'un certain M. Mariette, possesseur d'une riche collection d'estampes. Ils examinaient un nouveau tableau de Vien... Il y avait à dîner M. de Marigny, le duc de la Rochefoucauld, Marmontel, Cochin, le célèbre graveur, et plusieurs autres personnes dont je n'ai pas su le nom. Chacun y avait apporté quelque chose : Vernet, un tableau nouvellement arrivé d'Italie et que l'on croit de Gorrège ; M. de la Rochefoucauld, un petit tableau peint en camaïeu sur marbre et incrusté par un procédé que personne ne connaît ; M. Mariette, un petit portefeuille plein de ses plus belles estampes ; M. Cochin, des dessins à la plume ; et moi, mes tableaux.
» Madame Geoffrin, en me présentant, disait : « M. le comte de Costa, dont vous avez sans doute » entendu parler. — Quoi c'est lui.^ — Oui vrai- » ment ; oui beaucoup. »
» Je n'ai point été trop embarrassé, et la maîtresse du logis ne m'a point si fort traité de petit bonhomme... Elle a le ton brusque et vif. Pour la fille