‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 42 sur 221 · Lettre de madame de la Ferté-Imbault · texte numérisé non relu

Lettre de madame de la Ferté-Imbault

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Ciller rien, s'imposant dès sa vingtième année des (( plans de vie * » successifs, qu'elle ne perdit jamais de vue et qu'elle réalisa toujours.

Sauf de bien rares exceptions, aucun de ses actes, même les plus désintéressés, aucun de ses sentiments, même les plus sincères, n'échappe au contrôle de ce bon sens froidement méthodique, qui juge, dirige, pèse, retient et modère tous les mouvements de son ame ; et s'il est vrai, comme l'assure madame Necker, qu'elle travaille u jusqu'à la veille de sa mort » à se corriger de ses défauts, elle ne redoute pas moins l'excès de ses vertus, et semble perpétuellement chercher dans la solidité de sa raison une sorte de contrepoids aux généreux entraînements de son cœur. On retrouve chez elle ce calcul là même où, à première vue, on la jugerait incomparable, je veux dire dans SCS amitiés. Personne n'eut plus d'amis que madame Geoffrin, et personne ne mérita mieux d'en avoir, si l'on entend par là que nul ne se donna plus de peine pour les conquérir, ne s'employa plus activement à se les attacher, ne fut hanté d'un plus continuel souci de les obliger de toutes les manières et dans toutes les occasions. Elle avait fait graver sur ses jetons cette maxime de son invention : // ne faut pas laisser croître l'herbe sur le chemin de l'amitié; son existence entière fut la mise en pratique de cette ingénieuse devise. Dès

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