I. Lettre au roi de Pologne
LE nOYAUME DE LA RLE S A I X T- IIO X O R E . yg
que l'on fait parlic de son inlimilé, on pciil tout aHentlic d'elle en fait de bons offices ; elle n'a de cesse qu'elle n'ait découvert ce dont vous pouvez avoir besoin, et de repos qu'elle ne vous l'ait procure. Aucun effort ne lui coûte, aucune démarcbe ne la rebute, aucun sacrifice ne lui paraît trop lourd. Et — sans parler même des incroyables largesses dont j'aurai par la suite à citer des exemples — c'est une pluie intarissable de petits présents, de marques de souvenir, d'attentions délicates. Elle est indulgente à ceux qu'elle aime, et pardonne aisément les torts involontaires qu'ils peuvent avoir envers elle, ne supposant jamais tout d'abord qu'on ait eu l'intention de l'offenser. Elle est discrète, et si elle a quelque penchant à s'enquérir des affaires de ses amis, et à u pénétrer dans leur intérieur domestique ' », c'est seulement pour être à même de leur rendre plus efficacement service ; mais elle ne divulgue jamais au dehors ce qu'elle a pu apprendre de la sorte, et si par aventure quelque curieux tente de la faire jaser, elle se renferme dans un silence « véritablement sublime^ ».
Mais autant elle sait jouir des douceurs de l'amitié, autant elle est résolue à ne pas en souffrir ; et elle ignore de parti-pris cette sorte de dévouement qui fait que l'on s'attache davantage à ceux qui sont dans le malheur. Tant qu'il lui est loisible de remédier aux maux de ses