‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 54 sur 221 · LE ROY VU ME DE L\ HLE S A 1 N T - U O N OUÉ · texte numérisé non relu

LE ROY VU ME DE L\ HLE S A 1 N T - U O N OUÉ

l'abbaye de Poissy fabrique une « marmelade de fleurs d'oranger » \raimeni incomparable ^

Les questions de ménage une fois réglées, elle passe à sa correspondance ; et ce n'est pas une mince affaire, car elle est en commerce épistolaire avec l'Europe entière. Aussi écrit-elle souvent jusqu'à sept ou Imit lettres par jour, en tout cas jamais moins de deux ; elle s'est imposé ce minimum. A ce métier, son style s'e^t rapidement formé, et l'on remarque une différence sensible entre les lettres de ses débuts et celles qui datent du temps où elle est en pleine possession de sa gloire. Mais l'écriture reste médiocre et l'orthographe incertaine. Ce n'est pas qu'elle n'ait cherché à remédier aux lacunes de l'éducation sommaire qu'elle doit à sa grand'mcrc Chemineau ; on trouve dans ses carnets la mention d'un « sieur Roger, rue du Faubourg-Saint-Jacques, chez une fruitière », que Suard lui a indiqué, et qu'elle a mandé chez elle a pour apprendre de lui à lire et à écrire correctement ». Mais c'est du temps et de l'argent perdus, et les leçons du sieur Roger paraissent n'avoir guère profité à celte élève quinquagénaire.

La matinée s'est écoulée dans ces occupations diverses. Il est onze heures. Madame Geoffrin met sa u coiffe de taffetas noir », s'enveloppe dans sa « mante

I. Caraels. — « S'adresser à madame Villerant, supérieure de l'abbaye. — Les vingt-quatre pots reviennent à trente-neuf livres. »

Page 1