‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 61 sur 221 · Souvcuirs de madame de la Ferté-Imbaull · texte numérisé non relu

Souvcuirs de madame de la Ferté-Imbaull

LE II O Y A L M i: DE LA RLE S A I N T - II O N O H É . I I 7

trait rcxccllence des «vertus cvangcliquesn.el rédigeait à son usage un gros cahier ' de maximes, d'une philanthropie vague, destinées, disait-il, « à lui servir do règle pour se comporter dans la ^ ie ». Parmi ces éducateurs opposés et ces professeurs de rencontre, Marie- Thérèse Geoffrin grandissait un peu au hasard, prenait insensihlement l'hahitudede ne consulter qu'elle-même, de ne se fier à personne, et de suivre tout bonnement ses instincts, qui, par bonheur, se trouvèrent être les meilleurs du monde.

Le fond de sa nature était la franchise, une franchise terrible, qui ne reculait devant rien, et qui eût assurément gagné u être tempérée par un peu de réflexion. Ses saillies imprévues et brusques mettaient souvent madame Geoffrin dans un terrible embarras devant les graves personnages qui remplissaient le salon ; mais les remontrances ne produisaient que peu d'effet, et la rieuse incorrigible recommençait dès le lendemain à traiter les hôtes de sa mère avec une déplorable irrévérence -. Cette étourderie se faisait pardonner par une vraie bonté de cœur, un dévouement sans bornes aux gens qu'elle aimait, une fidélité inébranlable à les suivre dans toutes leurs épreuves et à travers toutes les vicissitudes. Il faut y joindre un esprit prompt et prime-

1. Ce cailler, rempli de lieux communs cl de banals conseils de morale, se trouve dans les papiers de madame de la Ferlé- Imbault. — Archives de la famille d'Estampes.

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