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Mon Histoire avec le Roi de Pologne

2. Catherine Opalinska, morte on mars l'ij. Elle était d'une intelligence bornée et d'une jalousie terrible à l'égard de son époux.

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sa femme, morte l'année d'avant, de sa fille, Marie Leczinska, la reine de France, et il s'exprimait sur leur compte avec une étrange liberté : « C'était bien, concluait-il, les deux reines les plus ennuyeuses qu'il eût jamais rencontrées ! » Aussi excusait-il Louis XV de chercher quelques distractions en dehors de son ménage : « Quand le roi de France, racontait cet indulgent beau-père, venait dans la chambre de ma fille, il y trouvait un accueil si maussade, que son seul amusement était de tuer des mouches contre les vitres. Il en eut à la fin la jaunisse, et ses médecins, ayant eu une consultation à ce sujet, ne trouvèrent point de meilleur remède que de lui conseiller de prendre une maîtresse, comme l'on prend une médecine. » Ce qu'il reprochait le plus à son gendre, c'était de n'être point (( donnant » , et il en citait avec indignation cet exemple que, sachant madame de Mailly assez pauvre, bien qu'elle ne demandât jamais rien, il se borna « à lui envoyer généreusement, pour ses étrennes, deux maigres flambeaux d'argent » .

Stanislas, disons-le, avait ses raisons pour ne pas se montrer sévère sur le chapitre de la fidélité conjugale, car, dans son propre ménage, des causes analogues avaient amené les mêmes effets ; et c'était encore là, de la part du vieux prince, le sujet de confessions d'une nature délicate. Il contait à la marquise comme quoi, excédé des scènes de jalousie de la Reine, « il s'était laissé aller jadis à la

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grande passion que lui avait témoignée la duchesse Orolinska, » sa cousine, sœur de la princesse de Talmont, qui n'était cependant « ni belle, ni spirituelle, mais qui l'aimait de si bonne foi qu'il en avait été touché ». Il convenait du reste que celte passion était, « de sa part à lui, complètement terminée maintenant, car elle l'avait ennuyé, et il avait besoin d'être diverti ». C'est ce qu'avait très bien compris une autre dame de sa cour, la marquise de Boufilers- Remiencourt, née de Beauvau-Craon, femme du capitaine des gardes de Stanislas. « Très gaillarde, dit madame de la Ferté-ImbauU, très drôlesse, fort spirituelle, aimant l'argent, le jeu et les galants, » et méritant en tous points le surnom qu'elle s'était décerné de « la dame de Volupté ' ». Madame de Boufflcrs, qui jusque-là s'était contentée du chancelier de Lorraine, Chaumont de la Galaisière, entreprit de (( divertir » le Roi, et s'en acquitta si bien qu'elle devint la favorite en titre, et que « la pauvre duchesse Orolinska en eut des vapeurs qui la rendirent à moitié folle 2 ».

Ces faiblesses, peu excusables chez un septuagénaire, s'alliaient, dit le manuscrit auquel j'emprunte ces

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