‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 88 sur 221 · I. Archives de la famille d'Estamjies · texte numérisé non relu

I. Archives de la famille d'Estamjies

à (c revenir de ses préventions » à l'égard de sa fille. Celte dernière nous l'affirme, et nous en avons pour garant le billet suivant, que madame GeofTrin adressait à la marquise peu de temps après la réconciliation qu'on vient de lire. On y trouve un accent, sinon de tendresse, au moins de cordialité joviale, dont il n'y a pas d'autre exemple dans toute la correspondance de la mère et de la fille ; et je le reproduis à ce titre, en priant mes lectrices d'excuser la familière crudité du début : « Je disais en moi-même hier matin, en me chauffant le derrière : il me semble que le Beau Matou me néglige bien ! iNIais il faut suivre ma maxime, et ne jamais faire de reproches. Quand on les mérite, ils sont inutiles; et quand on ne les mérite pas, ils sont injustes. Et sur ce, je suis restée tranquille ; et j'ai bien fait, puisque j'ai reçu hier au soir deux lettres du Beau Matou, l'une du 27 et l'autre du 29, dans lesquelles elle me dit cent mille gentillesses, .et même des amours. Je les lui rendrai le lundi 5, jour auquel le Beau Matou m'annonce son retour. Il est vrai que j'aimerais le marquis * à la folie pour mon gendre ; mais quoique j'aie, suivant votre obligeant calcul, vingt ans de moins que vous, j'aurais peur d'un dégoût en me proposant moi-même. Adieu jusqu'à lundi ^ »

1 . Le marquis de roncliartraln, qui prétendait vouloir épouser madame de la Ferté-Imbault. Il existe une chanson d'elle sur ce sujet, trop leste pour être reproduite ici.

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