Archives de la famille d'Estampes
LE nOYALME DE LA RUE S A I N T- IIO N OUÉ . IqS
Les deux femmes ne s'en tinrent pas à un raccommodement discret. Pour mieux fcter cet événement de famille, elles eurent l'idcc originale — et qui achève de peindre ce bizarre intérieur — de sceller par une cérémonie solennelle le pacte qu'elles venaient de conclure, et de célébrer en grande pompe u le mariage du Malou et de la Belle Minette ». Les intimes des futurs « conjoints » furent priés à la noce ; il y eut bouquets, embrassades et discours ; et, comme au dix-huitième siècle « tout finissait par des chansons », un vieil ami de la mère et de la fille, le comte de Montazet, donna lectuTe d'un « épithalame », qui obtint un grand succès dans l'assistance, mais dont, vu sa longueur, je me garderai de citer autre chose que le premier couplet :
« Le contrat est déjà signé.
Comme ancien ami du ménage,
Les deux époux m'ont assigné
Pour assister au mariage.
Je veux y danser comme un fou
Entre Minette et son Matou.
Je conviendrcii pourtant sans peine
Que ce ne sont pas jeux d'enfants :
Minette a soixante et seize ans,
Et le Matou la soixantaine ! »