‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 91 sur 221 · LE ROYAUME DE LA II L E S A I M - II O N OUE · texte numérisé non relu

LE ROYAUME DE LA II L E S A I M - II O N OUE

et installe cette réduction sur une petite table à côté de son fauteuil : « Par cet arrangement, je jouirai à tous les instants de la vue de mon cher prince ! » La sœur de Kaunitz, la comtesse de Questenberg, a sa part dans ces humbles hommages : (( Je me mets aux pieds de madame la comtesse, pour lui demander sa main à baiser. »

Madame Geoffrin, il faut en convenir, nous avait accoutumés à un tout autre style ; et il y a loin de ces flagorneries à la désinvolture de ses billets à Hume, (( son gros drôle » , ou bien au ton dont elle gourmande le pauvre Paciaudi, pour s'être permis de lui écrire sans en avoir obtenu la licence ^ Il serait cependant injuste de la juger sur ces formes de langage — où il faut d'ailleurs tenir compte de l'emphase habituelle de l'époque — et d'en tirer cette conclusion, que son humeur, hautaine avec ses inférieurs ou ses égaux, se faisait accommodante et souple avec ceux que leiu- rang élevait au-dessus d'elle. C'est la petite bourgeoise qui reparaît ici par endroits, inhabile à discerner l'adulation de la politesse, à saisir ces nuances subtiles et délicates, que tout l'esprit du monde ne saurait enseigner, et dont la science semble parfois innée chez des gens qui n'en possèdent point d'autre. Mais cette humilité purement extérieure ne suppose aucune bassesse d'âme ; l'échiné un peu trop aisément courbée se redresse

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