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toujours très vile; cl vanité ni ambition ne firent en aucun cas oublier à madame Geoffrin le soin de sa dignité et le souci de son indépendance. Yoici en quels termes elle écrit à la comtesse de Noailles ^ dame d'honneur de la Dauphine, qu'elle avait priée de lui faire obtenir une audience de cette princesse, et qui ne se jiressait pas de s'exécuter. « Je vous supplie de ne pas vous tourmenter sur la demande que je vous ai faite de voir madame la Dauphine. Quoique cela me fît beaucoup d'honneur et un peu de plaisir, je n'y suis pas assez attachée pour que le refus me fasse la moindre peine. Si toutefois la chose est facile, je supplie madame la comtesse de disposer de tous les jours de la semaine, excepté le lundi et le mercredi, qui sont deux jours que je consacre à des sociétés particulières, et dont l'assemblage subsiste depuis trente ans. L'amitié, à mon âge, est une chose très précieuse, que je ne sacrifierais à rien, et à quoi je sacrifierais tout. Vous devez juger par ces sentiments, madame la comtesse, du prix que je mets à celle dont vous m'honorez, et de tout ce que je serais capable de faire pour me la conserver. »
L'audience fut finalement accordée dans les conditions stipulées ; madame Geoffrin vit la Dauphine qui u la combla de bontés ». Mais elle en resta là; ce fut la première et la seule fois qu'elle fut reçue à la cour de France, dont la rigoureuse étiquette rendait