I. 1771. — Archives de la famille d'Estampes
l'accès presque impossible à une femme non titrée. Si son amour-propre souffrit en secret de cette exclusion, elle ne le laissa jamais voir, et ne fit nulle tentative pour forcer la consigne. Elle avait d'ailleurs l'occasion de se dédommager amplement avec les souverains étrangers, et cette partie de sa vie n'est pas la moins curieuse ni la moins digne d'être mise en lumière. Je passerai cependant rapidement sur ses relations avec Gustave III, lors de ce fameux voyage à Paris ^ où il arriva comme prince royal, et repartit roi de Suède. Présenté dans le salon de la rue Saint-IIonoré, il prit un goût très vif pour les belles assemblées du mercredi ; pendant les quelques mois de son séjour, on l'y vit assidûment « faire cercle avec les gens de lettres », et se mêler a. la conversation avec une maturité d'esprit bien digne de remarque chez un prince de vingt-trois ans, avec aussi ce charme de manières et cette simplicité parfaite qui lui gagnaient tous les cœurs ^. Le souvenir de ces heures aimables et douces le suivit longtemps dans les péripéties de son aventureuse existence; et les lettres, aujourd'hui perdues ^, que, de retour dans son royaume, il adressait