‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 94 sur 221 · En · texte numérisé non relu

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2. Voir Gustave III à la Cour de France, par Geffroy. — La Comtesse d'Egmont, par la comtesse d'Annaillé.

3. Toutes les recherches qui ont été faites à cet égard, tant à Paris qu'en Suède, et notamment à la bibliothèque d'Upsal, sont restées sans résultat.

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à sa vieille amie, témoignaient, dit l'abbc Ceorgel, de son estime, de son attachement et de sa reconnaissance.

Mais Gustave III, somme toute, ne fut, pour madame Gcoffrin, qu'une connaissance de passage, et ces rapports éphémères ne sauraient se comparer au commerce important et suivi qu'elle entretint avec l'Impératrice Catherine II, bien que les deux femmes ne se soient jamais vues , et que l'espèce d'amitié qui s'établit entre elles n'ait été qu'une liaison purement épistolaire. L'histoire en est, au reste, singulièrement instructive ; et je ne saurais appuyer d'un meilleur argument ce que j'ai dit plus haut du contraste que présente, chez l'héroïne de cette étude, l'excès parfois choquant des formules de respect avec l'indépendance foncière de sa pensée et de ses actes.

Les notes de madame de la Ferté-Imbault nous apprennent quelle lointaine circonstance amena ces relations inattendues. Madame Geoffrin, raconte-t-elle, avait été dans sa jeunesse très amie du prince Cantémir, ambassadeur de Russie en France, où il avait été fort remarqué. C'est par cet intermédiaire qu'elle lia connaissance avec la princesse d'Anhalt-Zerbst, dès l'arrivée à Paris, vers l'automne de 1758, de la mère de la grande Catherine. La princesse était femme d'esprit, et se piquait de littérature; madame Geof-

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frin lui « plut infiniment » *, et l'intimité entre elles fit de rapides progrès. « Elle a déjà dîné chez moi, écrit la princesse quelques jours après la présentation. Efie vient souvent à ma toilette, et nous allons ensemble voir les cabinets de curiosités ^ » Les lettres de la princesse de Zerbst à son ami M. de Pouilly retentissent des louanges de madame Geoffrin, dont elle vante la bienveillance, l'intelligence éclairée, « l'absence de passions et de préjugés ». C'était sur le même ton qu'elle écrivait à sa fille, alors grandeduchesse de Russie ; et « elle lui échauffa si bien l'imagination^ » en faveur de son amie, qu'elle lui inspira une violente curiosité de connaître par elle-même une personne si célèbre et d'un mérite si rare. Quatre ans plus tard, cette fille régnait sur la Russie, et, n'ayant pas la conscience très nette sur les moyens dont elle s'était servie pour conquérir le trône, se préoccupait de désarmer les critiques et de gagner les sympathies de tous ceux à qui elle supposait, en France ou ailleurs, quelque crédit sur l'esprit public. Elle se souvint, au cours de cette recherche, des propos de sa

1. La correspondance, fort inléressanlc, de la iDrinccsse d'Anhalt-Zerbst avec M. de Pouilly, son amant, n'a pas été publiée en France. On la trouve à la fin de Vllisloire de Catherine II, par M. de Bilbassof, Saint-Pétersbourg, iSgS, deux, vol. in-octavo (en langue russe).

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