CHAPITRE III
Relations de Lothaire II avec ses oncles et ses frères depuis le partage d'Orbe jusqu'à la palx; de Coblenz (Sôy-SOo).
Le partage terminé, Lothaire était retourné dans la Francia, qui devait être son séjour de jirédilection, comme elle avait été celui de son père. Ses projets ambitieux avaient échoué ; il ne conservait que la part qui lui avait été assignée par l'empereur défunt. Aux sentiments d'amertume et d'irritation qu'il éprouvait à l'égard tant de ses frères, qui ne l'avaient pas laissé s'agrandir à leurs dépens, que peut-être aussi de Louis le Germanique, qui ne l'avait pas soutenu, se joignait sans doute le regret d'avoir sacrifié Waldrade pour une femme qu'il avait dû prendre sans l'aimer. Ses beaux rêves de grandeur s'étaient évanouis : Theutberge lui restait, seulement, bien loin qu'elle réussît à calmer le ressentiment de son mari, elle allait en être, ainsi que son frère, mais plus encore que lui, la malheureuse victime. Nous réservons à un autre chapitre l'histoire des premiers efforts tentés par le jeune roi pour se débarrasser d'une compagne devenue importune et odieuse ; nous allons suivre Lothaire dans ses relations avec ses frères et ses oncles, jusqu'au moment où il subordonnera entièrement sa politique à ses projets de divorce.
Pendant la période de son règne, qui va de l'entrevue d'Orbe au congrès de Coblenz, on ne discerne pas toujours bien les mobiles qui dictent au jeune roi sa conduite. Il changera à deux reprises ses alliances, allant de Louis le Germanique à Charles le Chauve, revenant ensuite à Louis, pour l'abandonner encore une fois. De graves événements se produiront : il n'y jouera qu'un rôle effacé, passif, n'exercera aucune influence, ne saura rien prévoir, rien empêcher, et se contentera, vers la fin, de servir de médiateur entre les rois de France et d'Allemagne ; encore n'apportera-t-il, à s'acquitter de cette tâche, ni beaucoup de zèle ni, k ce qu'il semble, une grande bonne foi.
Les événements de l'année 867 ne nous sont pas bien connus, et nous sommes réduit à des conjectures pour expliquer les démarches ou les alliances des princes carolingiens. L'union ne régnait pas entre ces derniers. Depuis l'expédition du jeune Louis en Aquitaine, Charles était en froid avec son frère ; le rapprochement qu'avait provoqué la maladie de Lothaire I^"^' n'avait été que momentané, ou du moins il n'avait pas abouti k une réconciliation franche et complète. En 856, les grands àeXdi Francia, révoltés contre Charles le Chauve, s'unirent aux Aquitains, qui avaient