Sur cet évcnemont voir ci-dessus pp
LE DIOCÈSE DE BREME UNI A CELUI DE HAMBOURG (807). 1x5
en 848, au mois d'octobre, comme celui de l'année précédente. De l'avis des prélats, et avec le consentement du roi, Hambourg fut rendu à Ansger, qui désintéressa l'évêque de Verden, en lui abandonnant quelques paroisses du diocèse de Brème ^
Seulement, nous l'avons dit, Brème dépendait au spirituel de Cologne, tout en faisant partie du royaume d'Allemagne. L'arrangement imaginé par Louis lésait les droits du métropolitain, qui perdait son autorité sur le siège de Brème, du moment que celui-ci était occupé par un archevêque, c'est-a-dire par un égal : cela équivalait à priver Cologne d'un de ses sufTragants. Pour que la situation d'Ansger à Brème devînt régulière, il était donc indispensable que l'archevêque de Cologne approuvât les décisions du roi de Germanie et de ses évêques.
Par malheur, le siège de Cologne était vacant lorsqu'Ansger fut installé à Brème. De 84i , date de la mort de Hathabald, jusqu'en 85o, Cologne n'eut pas, à proprement parler, d'archevêque : Liutbert et Hilduin furent élus, mais non consacrés^. Enfin, après un interrègne de neuf années, l'archevêché de Cologne fut donné à un certain Gunther, neveu d'Hilduin, ce chancelier de Lothaire I" qui n'avait pu réussir à se faire consacrer lui-même et qui avait renoncé en faveur de son neveu à ses prétentions. Un autre Hilduin, abbé de Saint-Denis, qui en 84o s'était rallié à Lothaire, était aussi un parent de Gunther. Nous reviendrons plus en détail sur ce personnage, qui jouera un des premiers rôles en Lorraine sous le règne de Lothaire IL
Après la consécration de Gunther, qui eut lieu le 20 avril 85o 3, Ansger lui demanda de vouloir bien confirmer sa nomination au siège de Brème. Gunther s'y refusa, ne voulant pas que sa province fût diminuée d'un diocèse 4. Des années se passèrent ainsi, sans rien changer ni à la situation d'Ansger, ni aux dispositions de Gunther. Celui-ci pouvait bien ne pas reconnaître le fait accompli, mais il ne disposait d'aucun moyen pour chasser Ansger de Brème. Et ici éclatent les inconvénients qui résultaient du morcellement des provinces ecclésiastiques : le métropolitain et l'évêque de Brème étant soumis l'un à Lothaire, l'autre à Louis le Germanique, aucun de ces deux princes ne pouvait imposer une solution. Louis n'avait pas les moyens d'agir directement sur Gunther, il lui fallait recourir à Lothaire. Nous ne savons s'il pria son frère de s'entremettre auprès de Gunther pour arracher au prélat son consentement. Toujours est-il qu'au moment où l'empereur mourut, l'affaire était toujours pendante. Peut-être bien Lothaire I", dont les relations avec le roi de Germanie s'étaient d'ailleurs refroidies depuis 853, et qui se souvenait de l'opposition faite autrefois par son frère à la consécration d'Hilduin, avait-il jugé de bonne
1. Voir RiMBERT, Vita S. Anskarii, ch. 22, pp. 47-48; cf. Ann. Fald. 847 et pp. 36 et 37.