Ibidem
4. On trouve le 6 août à Metz, Lothaire qui, sur le conseil de ses fidèles et de ses grands, restitue à l'église de Toul, pour maintenir dans la fidélité l'évêque et ses successeurs, l'abbaye Saint-Evre, voisine de Toul, que son père Lothaire !•"■ avait été réduit, par suite de l'amoindrissement de ses Etats et de la pénurie qui eu était résultée pour lui, à enlever à l'église de Toul. Lothaire \^^, avant de mourir, avait enjoint à son fils de faire cette restitution, mais celui-ci n'avait pu jusqu'alors accomplir la dernière volonté de son père, ses Etats ayant subi une nouvelle diminution (B. M. i25o, Calmet, t. I, pr., col. 3o5 avec la date de 852).
5. Pendant le trajet, il passa le 28 août à Saint-Mihiel ; là, sur la prière d'Einard, abbé du monastère qui se trouvait en cet endroit, et gardien de sa chapelle, il affranchit de toutes redevances au fisc le sel provenant des salines de Marsal et de Moyenvic, et transporté à Saint-Mihiel pour la consommation des moines et de leurs gens (B. M. i25i, R. H. Fr., t. VIII, p. 4o6).
6. Ann. Bert. 858, p. 5o ; Vita S. Faronis, ch. laS, R. H. Fr., t. VII, p. 357. Nous ne savons sur quoi s'est fondé Calmet, t. I, col. 690, pour faire venir, au siège d'Oissel, Charles, roi d'Aquitaine, qu'il qualifie à tort de neveu du roi de France.
122 LK RÈGNE DE LOTHAIRE II (8r)5-80y).
d'honorables scrupules, il ne s'était pas rendu h. l'appel que lui adressaient les grands de la Francia occidentale '. Mais de nouvelles propositions lui arrivèrent dans le courant de 858. En juillet, Adalard, abbé de Saint-licrtin -, et un comte Otton vinrent trouver Louis le (Jernianique, de la part des seigneurs français mécontents, pour lui exposer la triste situation du royaume opprimé par Charles et abandonné par lui sans défense aux Normands. On n'avait plus d'espoir qu'en Louis, et on l'invitait à venir remplir une tâche dont le souverain légitime ne savait pas s'acquitter. Après quehiues moments d'hésitation, il se décida, sur l'avis de ses conseillers, à accepter la couronne qu'on lui olîrait, et il promit aux deux envoyés son arrivée {)rochaine '.
Louis se hâta de réunir plusieurs armées: trois furent expédiées contre les Slaves toujours remuants, il se réserva le commandement de la quatrième, qui se concentra à Worms et s'ébranla vers la fin du mois d'aoiit. L'Alsace fut la première région lorraine où il pénétra ; il prit ensuite par la trouée de Saverne, et, continuant sa route vers l'ouest, il arriva le i" septembre à Ponthion, dans le royaume de son frères.
Ce qui a lieu de surprendre, c'est que Louis n'ait rencontré au début aucune résistance, c'est que ni Charles ni Lothaire n'aient rien tenté pour s'opposer à sa marche. Le roi de France n'avait pu ignorer ni la 'démarche d'Adalard et d'Otton, ni l'accueil favorable que ces deux personnages avaient reçu en Allemagne, ni les préparatifs que faisait son frère pour venir l'attaquer. Dans ces conditions, au lieu d'appeler Lothaire à son aide pour réduire les Normands d'Oissel, il semble que Charles aurait dû se rendre lui-même en Lorraine, et, renforcé des troupes de son neveu, empêcher Louis de se porter en avant. On ne parvient pas à comprendre la conduite des deux rois, qui s'attardent au pied des retranchements élevés par les pirates jusqu'au 28 septembre, alors que depuis trois semaines Louis le Germanique et son armée foulent le sol de la France. Et, quand ils quittent Oissel, ce n'est pas pour aller à la rencontre de l'envahisseur. Charles se dirige vers la Bourgogne,
1. Sur rcxpétlitiod du jeune Louis eu Aquitaine et les offres faites en 851') à Louis le Germanique par les qrauds de son frère, voir ci-dessus pp. l\i-t\C>.
2. Ce n'est pas l'oncle d'Ennentrude, femme de Charles le Cliauve, mais un autre j)ersonnaqe du même nom, peut-être son parent, fds d'Unroch, et abbé de Sainl-Bertin ilepuis 844 (.1««. Bland. 844, el Folcui.n, (lesta abb. Sith., c. 58, SS., t. V, p. 23, et t. XIII, p. 618). Il fut aussi, mais nous ne savons à ipielle date, abbé de Saint-Amand {Ann. Elnonensfs 86/(, SS., t. V, p. 12).
3. Ann. Fuld. 858, pp. 49-5o ; Ann. Bert. 858, p. 5o ; Héoinon, Chronic. 8t>(>, p. 90. Nulle part, [)eut-èt!e, on ne saisit mieux (ju'ici le caractère officiel des Annules de Fiilda; tout y est arranqé, combiné, pour présenter sous les couleurs les jjIus favorables le rôle de Louis le (jernuini([ue : c'est le désir île venir en aille aux sujets opprimés de Ciiarles «lui décide le roi d'Allemaqne k envahir les Ktats de son frère et à violer ses serments. Les autres annalistes attribuent à la seule ambition la conduite de Louis ; à cet étjard, le Lorrain Hkcini»- ne s'exprime pas autrement que le Frani;ais Phudem'.k. MOhuiacher, Rei/. h'ar., \u .'i48, et Dummi.iu, t. I, |). 4jy, recoimaisseut eux-mêmes que Kokolphk (l'anualisle de Fulda) a essayé de disculper son maître, el 4|ue celui-ci aqi^sait dans ua but inli'îressi'.
4. .1/*/!. Fii/d. 8,')S, |>. 5o; Ann. Iterl. S.'.S, p. 5>; l'onlhion (Marne, Vilry-lr-l'iMiiç.(i>, Thii'biemonl ).