‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 122 sur 764 · LOTHAIRE ABANDONNE CHARLES POUR LOUIS · texte numérisé non relu

LOTHAIRE ABANDONNE CHARLES POUR LOUIS

qui lui était restée fidèle, et il y réunit des troupes'. Quant à Lothaire,. au lieu de rester avec son oncle, il rentre dans son royaume, et ce n'est pas pour y lever une armée, qu'il conduira ensuite au secours de son allié, dont la situation est devenue critique. Il reste spectateur de la lutte: puis, lorsque celle-ci est ou paraît terminée à l'avantage de Louis le Germanique, que ce prince, laissé maître de la situation par Charles, qui s'est retiré sans combattre au fond de la Bourgogne ^, dispose en faveur de ses partisans des abbayes, des comtés et des vilLv royales ', Lothaire, abandonnant une cause qu'il croit perdue, et redoutant le ressentiment du vainqueur, va trouver Louis, alors installé à Attigny4. Dans le réquisitoire qu'il lut à Savonnières contre Wénilon, archevêque de Sens, le seul des prélats français qui se fût rallié à l'usurpateur, Charles le Chauve chercha à justifier la conduite de son neveu, que l'on aurait circonvenu et trompé, pour l'empêcher de venir apporter à son oncle (Charles) le secours qu'il lui avait promis par serment >. Lothaire assistait au concile de Savonnières, il était réconcilié avec le roi de France, et celui-ci ne pouvait pas décemment récriminer devant le concile contre son neveu ; il était obligé de le ménager et d'atténuer ses torts. La vérité est que Lothaire s'est tourné vers Louis parce qu'il l'a cru le plus fort.

Assurément, le jeune roi ne pouvait espérer jouir de l'influence qu'assuraient à son père son âge, la dignité impériale et la force matérielle dont il disposait. Mais il restait au second fils de Lothaire I" assez de puissance pour un rôle encore important, à condition toutefois d'avoir de la décision et du courage^. Placé entre deux rois ennemis, il devait se porter, pour rétablir l'équilibre, du côté du plus faible, et l'empêcher à tout prix d'être absorbé et dépossédé par son adversaire : c'était là pour

Page 1