‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 125 sur 764 · LE CONCILE DE METZ (809). I · texte numérisé non relu

LE CONCILE DE METZ (809). I

La mission du concile était la suivante, qu'il l'eût reçue de Charles et de Lothaire, ou qu'il l'eût prise de sa propre initiative : Louis le Germanique, en envahissant les Etats de son frère, avait violé les serments qu'il avait jurés à Verdun et à Meerssen ; ce n'était pas tout : au cours de son expédition, il avait commis ou laissé commettre- mille violences contre les églises, les abbayes ou les particuliers. Violences et manquement à la parole donnée constituaient des fautes dont l'Eglise avait à connaître. Louis s'était mis en dehors de la communion des fidèles ; pour j rentrer, pour recevoir l'absolution, il devait confes.ier ses torts et faire pénitence. Tel est le point de vue des prélats réunis à Metz '.

Après en avoir délibéré, ils arrêtèrent les instructions suivantes, pour ceux de leurs collègues qui devaient se rendre auprès de Louis le Germanique. Les archevêques et évêques délégués par le concile recevaient pleins pouvoirs pour donner l'absolution à ce prince, à condition qu'il reconnût et confessât les fautes dont il s'était rendu coupable, promît de faire pénitence, de conclure la paix avec son frère et son neveu, de ne plus renouveler le scandale qu'il avait donné, de retirer sa protection aux mauvais conseillers qui l'avaient entraîné au mal, et s'engageât enfin à travailler au bien de l'Église et du peuple. Les délégués étaient invités à se montrer larges et miséricordieux en ce qui concernait la pénitence a infliger au roi de Germanie. Mais si ce prince se refusait à donner satisfaction, il était interdit aux ambassadeurs, sous peine de se voir désavoués par le concile, de lui accorder l'absolution. Et si, par malheur, il retombait dans ses anciennes fautes, le concile l'avertissait qu'il aurait à en rendre compte à Dieu et à l'Eglise. Les délégués étaient, de plus, chargés de demander la paix, peut-être d'en débattre les clauses, et d'inviter Louis à venir conférer avec son frère et son neveu, s'il témoignait de dispositions conciliantes -.

La rétractation que les prélats du concile de Metz exigeaient de Louis le Germanique ne ressemblait pas à l'humiliante cérémonie que son

Trêves (voir sa lettre à Nicolas ler, de 864, dans Mansi, t. XV, col. 870 ; cf. Gœrres, Ueber die Entstehiingszeit des Archiepiscopates- iind Metropolitan-Ranges der Trierischen Kirche, F. D. G., t. XVII, p. 196). Nous ne savons rien quant aux abbayes de Luxeuil et de Saint-Trond, mais celle de Gorze fut donnée au comte Bivin, mari d'une sœur de Tbeulberge, de Boson et de l'abbé Hubert ; il était déjà abbé de ce monastère le 8 juillet 850, comme le prouvent les cliartes d'Anselme rédigées à cette date (Cart. Gorsiense, pp. 78 et 74, n"' 55 et 56). Ajoutons qu'Advence avait eu avec Charles le Chauve <les relations (Karoli e/j» ad Nicolaum), aiusi qu'avec Hincmar de Reims (Hincmari e/j* <id Aduenlium dans le De diuovtio Hlothar'd, interrogatio III^, Migne, t. CXXV^ col. 648). Trithemios, Annales Ilirsauffienses, t. I, p. 20, et à sa suite Meurisse, pp. 2i4-2i5, Calmet, t. I, col. 755, et l'Histoire de Metz, pp. 597-598, supposent qu'Advence aurait été abbé de Saint-Arnoul et qu'il aurait assisté, en 848, au concile de Mayence, sous le nom d'abbé de Metz ; en réalité, il s'agit d'un abbé de Metten. Calmet fait commencer en 855 l'épiscopat d'Advence.

1. Il est vraisemblable que Lothaire assistait au concile de Metz. Pour son oncle, nous n'avons aucune certitude. Les Annales Bert. 809, p. 52, parient de plusieurs synodes d'évêques que ce prince réunit. Le 9 mai, on trouve le roi de France à la frontière de Lorraine, à Pontliion, où il rend un diplôme pour l'abbaye de Montiérender (/î. H. Fr., t. VIII, p. 549). Peut-être se rendait-il alors auprès de son neveu.

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