‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 141 sur 764 · NicoLAi I commonitorium legatis datiiin, J. E · texte numérisé non relu

NicoLAi I commonitorium legatis datiiin, J. E

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n'a-t-il jamais comparu ilcvaut les conciles qui ont jujjé sa sunir'. Il eût noui'tanl été indispensable (ju'on le confrontât avec elle, et que l'on obtînt ses aveux, puisqu'il était le principal coupable, avant de condamner Theutberge, sa victime et sa complice. Si Lothaire refusait ii Hubert les qaranties que ce dernier juqeait nécessaires, c'est qu'il avait intérêt a le tenir éloigné, c'est qu'il craignait des débats contradictoires, qui auraient prouvé l'innocence de Theutberge : c'eût été la ruine de ses projets. Aussi, quoique Hubert fût un homme de très mauvaises mœurs, quoique l'invraisemblance même de l'accusation contre Theutberge (qui aurait été rendue grosse malgré la nature de ses relations avec son frère*) semble dans une certaine mesure attester la sincérité et la bonne foi de ceux qui l'avaient portée, croyons-nous que cette histoire est fausse de tout point, et qu'elle a été fabriquée soit par Lothaire lui-même, soit par des gens de son entourage. Peut-être, afin de dépister les soupçons, le roi eut-il l'adresse de faire répandre les bruits calomnieux contre la reine par des émissaires secrets ; il s'arrangea pour que ces bruits lui vinssent aux oreilles, les accueillit comme si c'était une nouveauté pour lui, et put jouer ainsi la comédie de la surprise et de la douleur. Voilà sans doute comment les choses se sont passées ; il convenait de cacher son jeu et de ne pas heurter trop violemment la conscience publique. La manœuvre parut bonne, car après avoir été employée une première fois en 807, il semble qu'on y ait eu recours encore en 869 '.

Une femme soupçonnée d'un crime aussi abominable ne méritait plus d'être traitée en épouse ni en reine : Lothaire rompit ses relations avec Theutberge. Nous ne savons d'ailleurs quel fut au juste le sort de la victime, pas davantage de quelle façon le roi comptait procéder pour reprendre sa liberté. Il renoua sans doute avec Waldrade ; Prudence, qui ne la nomme pas, parle de concubines au pluriel 4.

Si Theutbei'ge avait été seule, sans appui, on aurait eu facilement raison d'elle, mais elle avait un frère, assez fort pour prendre sa défense. Lothaire ne pouvait agir en toute liberté contre sa femme qu'après avoir, d'une façon ou d'une autre, réduit Hubert à l'impuissance. C'est ce qui explique sa campagne eu Bourgogne pendant l'hiver de 857-808 ; nous avons vu qu'elle avait avorté >. Cet échec était d'un mauvais augure pour les projets de Lothaire. Qu'allait-il faire ? Essaya-t-il d'amener Theutberge à s'avouer coupable? Peut-être, mais il n'y réussit pas.

I. Hinc:m.\ii, De dii>. Illoth., iiiu-RStio VI», Mione, l. CXXV, coU. 750-760.

a. Syn. Aq. II, cliap. if), C.C, t. II, \\. /((')(>; Hi.\c:m\k, De dio. Hloth., inlorr. l» ftXIl'. Mui.NK, I. CXXV, coll. ()2() el OSij-Oy.'i. Tliciilhcriio, dans sa conressioii, ne dit pas iili mot de sa (jrosscsse ni de l'avorteniciit i[iii aiirail suivi ; c'est Hinc.mah, iiilerr. 1«, ijui en parle.

3. Sijn. A(/. I, Libellas se.ptein ctipi/uloruin, ch. 2, et Syn. Aq. II, ch. i(i {(U^.., t. Il, pp. /|(j/j el /i(J7). Lothaire préleiulit devant le denxiènie concile d'.-Vix (pi'il avait es-ayé, autant (ju'il l'avait pu, de tenir caché le crime de sa fennnc {Syn. Aq. Il, ch. iti, Cl,'., t. II, ]). /i()7), mais il est permis de n'en rien croire.

/j. Anrt. Dert. '8,'\'j, p. /(7.

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