‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 144 sur 764 · Ibid., (11. «, p · texte numérisé non relu

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<). LU). Vil capit., eli. 3, p. 4()îi.

LE PREMIER CONCILE d'aIX NE DECIDE RIEN. 167

d'aller l'expier dans une abbaye. Gunther ne formule aucune appréciation'. Après lui, Advence, qui commence par déclarer qu'il ignorait auparavant le crime dont il vient d'entendre l'aveu, exprime l'avis que le roi et Theutberge ne peuvent plus rester unis ; il invite Lothaire, s'il éprouve encore quelque affection pour sa femme, à lui permettre de prendre le voile ^. Theutgaud opine dans le même sens'. Enfin Eigil,. parlant au nom de la reine, demande qu'on lui accorde la faveur qu'elle réclame de se faire nonne; elle le mérite, puisqu'elle n'a pas commis sa faute de son plein gré, mais qu'elle y a été contrainte par force. Eigil ajoute que ce n'est point poussée par la crainte ni par tout autre motif inavouable que Theutberge a présenté sa demande ■♦.

Il y a, on le voit, plus d'une différence entre les deux récits. La plus importante est celle qui concerne la façon dont les évéques ont appris la nature de la faute que s'imputait la reine : c'est par elle, selon le Libellas septem capitulorum, au lieu que le LibeUiis octo capituloruiii place l'aveu dans la bouche de Gunther 5. Remarquons pourtant que, d'après ce dernier document lui-même, Theutberge s'était reconnue coupable d'un crime, mais sans dire lequel : Gunther ne fait que préciser. Toutefois, même ainsi réduit, le rôle de l'archevêque ne saurait se justifier. Il avait reçu la confession de la reine, il n'avait pas le droit de la publier, même sur la demande de sa pénitente. Libre à celle-ci d'ailleurs de dévoiler soa secret.

Ce qui frappe dans les deux récits, c'est d'abord la défiance des évéques : elle ressort de l'allocution qu'ils adressent à Theutberge et du discours d'Eigil. Evidemment, ils ont des doutes sur la sincérité de la reine, ils craignent qu'elle n'ait été forcée de s'avouer coupable. On s'explique ainsi leur embarras et la résolution qu'ils prennent d'en référer à leurs collègues. Ils invitent Lothaire a s'abstenir de relations conjugales avec Theutberge, à lui permettre de prendre le voile, mais en définitive ils ne décident rien. Au fond, ils redoutent de s'embarquer dans une mauvaise affaire, et cependant ils ne veulent pas déplaire au roi ^.

Nous ne savons ce que pensa Lothaire de ce nouveau délai. Quoi qu'il

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