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EXTENSION PRISE PAR l'aFFAIRE DU DIVORCE. 167
femme. Lothaire s'y refusa ; il ne pouvait, prétendait-il, livrer une femme de race franque, sa cousine, qui manifestait la crainte d'être mise a mort par son mari, et menaçait, si l'on prétendait la ramener à Boson, de s'enfuir chez les Normands '. Force fut donc à Boson de retourner seul en Italie. Mais il ne perdit pas courage, et nous le. verrons bientôt revenir encore à la charge.
Theutberge, que nous avions un peu perdue de vue, avait subi sa pénitence publique, nous ne savons dans quelle ville ; après quoi on l'avait enfermée dans une abbaye, dont nous ignorons également le nom ^.
Cette affaire, qui, dès avant le deuxième concile d'Aix-la-Chapelle, occupait les esprits, continua d'attirer l'attention, de provoquer les réflexions et les commentaires les plus variés. On en parlait dans le royaume de Charles le Chauve aussi bien qu'en Lorraine. Wénilon et Hildegaire avaient certainement raconté ce qu'ils avaient vu et entendu à Aix-la-Chapelle, et, s'ils étaient allés au concile sur l'ordre de Charles le Chauve, ce prince les avait certainement fait appeler auprès de lui pour savoir ce qui s'y était passé. Peut-être ce qu'il en apprit l'indisposa-t-il contre son neveu, et lui en adressa-t-il des remontrances. Il y avait en tous cas auprès du roi de France quelqu'un qui désapprouvait hautement la conduite de Lothaire et de ses évêques, et qui allait donner à ses sentiments défavorables une grande publicité. Nous voulons parler d'Hincmar de Reims ; son intervention entraînera celle du roi de France, et cette affaire du divorce, jusqu'alors renfermée dans les limites de la Lorraine, va prendre le caractère d'une cause générale, qui intéresse à la fois l'empire franc et l'Eglise elle-même. En attendant qu'elle amène le pape Nicolas l" à affirmer ses droits de haute juridiction sur les rois et sur les évêques, elle va rouvrir les dissensions entre les princes francs, exciter l'ambition et les convoitises de Charles le Chauve, jeter Lothaire II dans les bras de Louis le Germanique. C'est le mémoire d'Hincmar qui a donné à cette question l'importance énorme qu'elle a prise. Nous allons donc l'examiner et voir d'abord à la suite de quelles circonstances l'archevêque de Reims a été conduit à l'écrire.
1. HiNCMAR, De div. Hloth., quaestio V', Migne, t. GXXV, col. 754. Sur les débuts de ceUe affaire, consulter Sdralek, op. laiid., pp. 188-196.