Interr. Vil» et VIII», coll
I 74 LE UKGNE DE LOTHAIUE II (8r)5-8Gy).
O n'est pas tout : la façon dont lo second procès a été conduit est des plus in-éfjulières. Tlieuthertjc devait être jugée non par un concile, mais ])ar un tribunal séculier ; eu pareille matière, des laïcs, et des laïcs mariés, sont seuls compétents, et d'ailleurs la reine avait remis sa confession écrite non aux évèques, mais au roi, un laïc '. Autre irréfjularité : on n'a pas entendu Hubert, le complice supposé deTheutberge, et, h vrai dire, le principal coupable, puisqu'il est censé avoir pris sa sœur de force ^. Une confession écrite de la reine ne suffisait pas pour entraîner la condamnation ; 11 eût été nécessaire ou que Theutberge fît devant les juges l'aveu de son crime, ou qu'elle fût convaincue par des témoignages 5. Alors, mais alors seulement, la question pouvait être portée devant le tribunal des évèques, qui aiiraient infligé à la coupable une pénitence *.
Dans la première partie de son mémoire, Hincmar parlait déjà de la réunion d'un concile général, auquel serait confiée la mission de juger le procès 5. Dans la deuxième partie, il se prononce nettement en faveur ■de cette juridiction, attendu que seul, un tribunal international offre les tjaranties d'impartialité voulues^. D'après lui, quoique l'affaire ait déjà été soumise aux évèques lorrains, ceux des autres pays n'en ont pas moins le droit de l'examiner à nouveau; c'est à tort qu'on le leur dénie 7. Hincmar trouve singuliers les procédés de Lothaire, qui a si longtemps
1. De diu. Hloth., interr. I», V», XII», Migne, t. CXXV, coll. 63ij-64i, 654-655 et 695.
2. Interr. XII», coll. 696-697. Comme le fait observer Sdralek, pp. 98 et suiv., Hincmar admet ainsi la compétence d'un tribunal séculier pour juyer et condamner un clerc.