‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 164 sur 764 · LE HÈCJNE DE LOTHAIRE II · texte numérisé non relu

LE HÈCJNE DE LOTHAIRE II

En()('ltru(le '. Muni de ces lettres, Boson reprit le cheiniii ilc l;i (Jaule et se rendit à Tusey, où il remit les missives pontificales entre les mains de Charles le (Ihauve et des autres intéressés^. Pourtant, à lire le mémoire d'Hincmar, il semblerait que la question eût été au concile soulevée par (luntherî. Nous avons montié plus haut, en essayant de fixer la date à laquelle a été écrit et publié le De dioortio Hlotharii, que le mémoire d'Hincmar relatif à Engeltrude en réponse k Gunther avait été adressé au concile de Tusey^.

D'après ce mémoire, (îimther aurait, ii la fin d'une séance, demandé quelle conduite il devait tenir ;i l'égard d'Engeltrude, pour le cas où celle-ci viendrait le trouver, et, tout en lui exprimant le regret qu'elle éprouvait d'avoir commis sa faute, le supplierait de l'arracher à la mort dont la menaçait son mari. Pourrait-il se contenter de lui imposer une pénitence qu'elle subirait dans son diocèse, ou serait-il tenu de la rendre k son mari, pourvu que celui-ci s'engageât k ne pas la tuer et k la reprendre pour femme $ ? Hincmar ne se soucia pas de répondre sur-le-champ k son collègue. Il prépara k tête reposée un mémoire qu'il lut ou qu'il fit lire k l'une des séances suivantes du concile. D'après Hincmar, Gunther ne peut imposer aucune pénitence k Engeltrude, attendu que Boson, mari de cette femme, n'appartient pas au diocèse de Gunther, et qu'une femme est soumise k son époux. Le roi, dans les Etats de qui elle s'est réfugiée, est tenu de la rendre k son mari. Celui-ci, sur l'ordre du pape, se déclare prêt k pardonner k Engeltrude, et d'ailleurs l'évêque dans le diocèse duquel elle s'est retirée a le devoir d'exiger de Boson des garanties relativement k la sécurité de sa femme*.

Nous ne savons quel accueil le concile fit au mémoire d'Hincmar. Toujours est-il que les choses restèrent en l'état ; Engeltrude continua de vivre dans le royaume de Lothaire?.

La date exacte du concile de Tusey nous est connue ; il n'en est pas de même de deux autres événements qui doivent se placer en 860, ni d'un troisième, qui appartient soit k cette dernière année, soit k la suivante.

I. J. E. 2G84 et 2G85. Ces deux lettres sont du mois d'août ou de septembre au plus lard. Cf. Conv. op. Sapon., ch. 4, CC, t. II, p. 160.

■2. Cono. ap. Sap., cli. 4. OC, t. II, p. iGo. C'est à Charles le Chauve lui-même que Boson remit peut-être les lettres écrites aux évêcjues, comme celles dont le roi était le destinataire. Tandis ([ue Suralek, p. 197, ne met pas en doute la présence de Boson à Tusey, ScHRŒHS, pp. 208 et nn. i5 et iG, la croit simi)lement possible. La phrase de Charles (Conv. op. Sap., ch. 4) ne prouve pas, dit-il, (jue Boson ait remis les lettres pontificales à ce prince alors ({u'il se trouvait tléjà à Tusey avec les évêques, et le présent historiiiue « dicit », dont se sert Hincmar dans sa liesponsio ad Guntharhiin (.Mione, t. (ÎXXVI, col. i5G), ne signifie pas d'une façon certaine ([ue Boson fût présent. Cela nous semble un peu subtil, et nous croyons devoir admettre (juand même (pie Boson est veiui à Tusey.

Page 1