‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 202 sur 764 · MiGNE, t. CXIX, col. II · texte numérisé non relu

MiGNE, t. CXIX, col. II

2. C'est ce que dit Nicolas dans une lettre écrite à Lothaire II vers la On de 86Z1, J. E. 2778, Floss, Papstwahl unter den Ottonen, Urkunden, p. 3o.

3. Presque tous les auteurs admettent que le commonitorium qui nous est parvenu est celui-là même qui était joint à la lettre que le pape écrivit à ses légats vers la fizi d'avril. C'est l'opinion de Hefele, op. laud., t. IV, pp. 2G4-265, de Jaffé-Ewald, Regesta ponlificum romanoriim, p. 349, n" 2726, de Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, t. II, p. 5o8, de ^liJHLBACHER, Reg. Kar., p. 49O) de Dummler, t. II, p. 64, n. i. Fleury, Histoire ecclésiastique, t. XI, p. 62, est le seul, à notre connaissance, qui croie le commonitorium écrit avant le départ des légats ; remarquons toutefois qu'il ne dit rien du vol des premières lettres pontificales, ni de leur remplacement.

4. Lettres de Nicolas I»'' aux légats, d'avril 863, et aux évêques allemands, du 3i octobre 867 (.1. E. 2726 et 2886, MiGNE, t. CXIX, coll. 1179 et 11G6).

5. La première supposition est de Hefei e, op. Inud., t. IV, p. 265. Nicolas priait en effet Lothaire, dans la lettre qu'il lui avait écrite le 23 novembre 862, de faire parvenir à son oncle de France la lettre pontificale destinée à ce prince (J. E. 2698, Migne, t. CXIX, col. 798).

2l8 LE RÈGNE DE LOTllAIRE II («ôn-SOy).

être fait croire à Lothaire que ceux-ci ne vieiulraient jamais, qu'il n'y aurait point de concile et que Nicolas, distrait par d'autres affaires, ne s'occuperait plus de lui et lui laisserait Waldrade. L'arrivée de Radoald et de Jean le convainquit de son erreur. Gomment éviterait-il un désastre? Comment arriverait-il, devant un concile composé de prélats étrangers, présidé par les léqats du pape, à prouver que Theutberge avait réellement commis un inceste avec son frère, que Waldrade lui avait été légitimement unie avant son avènement au trône ? Toutes ses allégations allaient être reconnues fausses, il serait convaincu de mensonge et d'imposture, obligé de quitter Waldrade et de reprendre Theutberge : quelle humiliation pour lui et ([uol trionq)he pour ses adversaires ! Comment se tirer de ce mauvais pas ? Lothaire était l'homme des petites habiletés, des expédients. 11 était impossible d'empêcher la réunion du concile, mais il y avait moyen de le rendre inofTensif, de le faire tourner a l'avantage de Lothaire. Pour cela, il convenait d'écarter les évèques étrangers, soit en ne les appelant pas, soit en les convoquant trop tard pour qu'ils eussent le temps de se rendre k Metz. On décida donc de soustraire aux légats les lettres que Nicolas adressait aux oncles de Lothaire et k leur clergé. Peut-être les légats en demanderaient-ils au pape de nouvelles, mais c'était un nouveau retard, c'était encore du temps de gagné pour le jeune roi. On verrait d'ailleurs s'il n'y avait pas moyen de s'arranger avec les représentants du Souverain Pontife, d'obtenir qu'ils fermassent les yeux sur certaines irrégularités, A chaque jour suffirait sa peine.

Pour le moment, on ne chercha pas k exécuter la seconde partie du programme. Du moins, s'il y eut de la peu-t des amis de Lothaire tentative de corruption sur Radoald et sur Jean, elle ne réussit pas, car les deux légats firent connaître au pape le vol dont ils avaient été les victimes, et lui demandèrent d'autres lettres en remplacement de celles qui leur avaient été dérobées : ils en avaient besoin pour s'acquitter de leur mission '.

Cette nouvelle était de nature k vivement mécontenter Nicolas, k lui donner une fâcheuse opinion de l'honnêteté et de la bonne foi de Lothaire. Presque en même temps, il lui en parvenait d'autres qui ne pouvaient que l'indisposer encore davantage contre le jeune roi. Odon, évêque de Beauvais, et délégué par le concile de Soissons qui avait déposé Rothade, évêque de cette dernière ville, avait remis au pape, outre une lettre de ce concile qui parlait du mariage de Lothaire et de Waldrade et réclamait l'intervention de Nicolas^, une lettre d'Hubert' et peut-être une autre d'Hincmar, relative k l'affaire de Cambrai ■♦. Nicolas apprit enfin que Lothaire n'avait pas tenu ses promesses, que, sans attendre la sentence pontificale sollicitée par lui, il s'était uni k Waldrade. Hubert

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