B. M. 1265, R. H. Fr., t. VIII, p. Ao
2. Lothaire dit en outre qu'il fait cette restitution pour le repos de l'àme de son épouse bien-aimée Waldrade et de son fils Hugues. C'est la première mention que l'on trouve de l'une et de l'autre dans les diplômes de Lothaire.
C'est très probablement à ce séjour de Lothaire dans le royaume de son frère qu'il faut rattacher deux diplômes rendus par ce prince en faveur de l'église de Lyon. L'un d'eux confirme à cette dernière, sur la demande de l'archevêque Rémi, la possession de deux villie, Tournon et Courtenay ; J'aulre autorise Rémi et le comte Gérard, sur la prière qu'ils lui en ont adressée, à revendiquer, en recourant à des témoins assermentés, les biens qui appartenaient originairement au diocèse du premier et au comté du second, et qui ont été usurpés jadis, puis transmis par les usurpateurs à leurs descendants (B. M. 1266 et 1267, R. H. Fr., t. VIII, pp. 409 et t\io). C'est un peu plus tard que se place le diplôme, également sans date, par lequel Lothaire rend à l'archevêque Rémi, pour ses fidèles services, deux villa;, Chélieu, du comté de Sermorens, et Livia, du comté de Vienne, que feu son frère le roi Charles avait restituées à l'église de Lyon (B. M. 1299) et que lui, Lothaire, contraint par la nécessité, avait du donner en bénéfice (B. M. 1286, R. H. Fr., t. VIII, p. 409). MûHLBACHER suppose ce document rendu de 865 à 869. On remarquera que le roi déclare s'être trouvé dans l'obligation de prendre des terres de l'Église pour en investir des fidèles.
3. Diuisio regni Hlotharti II, CC, t. II, p. 195. Adon, archevêque de Vienne, dit dans sa chronique que Louis eut une partie de la Bourgogne Transjurane et la Provence, Lothaire le reste (SS., t. II, p. 322).
4. B. M. 1265. Pourtant, on peut conserver des doutes, vu le silence du traité de Meerssen. Peut-être Lothaire avait-il eu une partie seulement du pagus Maurianensis, la ville épiscopale étant attribuée à l'empereur.
ROYAUME DE LORRAINE. l5
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viiices d'Arles, d'Aix et d'Embrun, enfin, les dioci'ses de Tarentaise et de lielley, que Lothaire avait céd^'s h Charles en 858.
La nouvelle frontière des Etats de l^olhaire suivait (juel([ue tcnijts la Sai\ne, en aval de Màcon, se dirigeait ensuite vers l'ouest, coupant les monts du Beaujolais, la Loire, et, venant aboutir aux monts de la Madeleine, suivait la erèle de cette chaîne puis des monts du Forez, franchissait de nouveau la Loire, atteignait les Gévennes, dont elle longeait la ligne de faîte jus(|u'au mont Lozère, descendait dans la vallée du Gard et revenait au Uliône, près du coniluent de ces deux cours d'eau ; elle remontait le Ileuve jusqu'à l'endroit où il ret^-oit l'Isère, suivait cette rivière, puis la crête des montagnes ([ui enserrent la Maurienne, si toutefois cette vallée appartenait à Lothaire, passait ensuite dans la vallée du Guier, petit aflluent de gauche du Rhône, suivait quelque temps le Rhône, passait sur la rive droite de ce fleuve, longeait la chaîne du Jura, qui borde à l'est l'Ain, puis le Doubs, et se dirigeant ensuite vers l'est, en passant entre les lacs de Neuchàtel et de Bienne, venait atteindre l'Aar. Depuis le confluent du Gard et du Rhône jusqu'à l'Aar, la frontière que nous venons de décrire séparait les Etats de Lothaire de ceux de Louis IL A l'ouest, c'est Charles le Chauve que Lothaire avait pour voisin.
Si l'acquisition de Lyon et de Vienne avait une certaine importance, celle de Viviers et d'Uzès n'en présentait que par le contact de ces deux territoires avec le Rhône, et leur proximité de la Méditerranée. Seulement, le royaume de Lothaire, déjà trop long du nord au sud, s'étendait encore davantage dans la direction du midi. Au lieu de ces pagi, trop éloignés de sa résidence habituelle pour qu'il pût y exercer quelque influence, mieux eût valu pour Lothaire reprendre les cités de Genève, de Lausanne et de Sion, qui, jointes au Lyonnais et au Viennois, lui auraient donné une situation solidement assise dans les bassins supérieur et moyen du Rhône. Il est vrai que là il retrouvait son vieil ennemi, Hubert, qui, bien qu'abbé de Saint-Martin de Tours, était toujours, malgré Louis II, maître de Saint-Maurice'. Comme étendue, sinon comme richesse et population, la partie de la Provence acquise par l'empereur l'emportait sur celle que Lothaire avait gardée pour lui. Louis II fut satisfait du partage ; la bonne volonté dont il fît preuve ii quelque temps de là en faveur de Gunther et de Theutgaud semble du moins l'indiquer. Si ce prince avait montré beaucoup d'empressement pour recueillir l'héritage de son plus jeune frère, par contre, il s'occupa fort peu de ce qu'il en avait obtenu. Jamais la Provence ne le revit, et l'on n'a de lui aucun diplôme pour les évêchés ou les abbayes de cette contrée.
L'ancien régent du royaume, pendant la vie de Charles, Gérard, qui était probablement comte de Vienne, devenait le fidèle de Lothaire ; ce prince avait en efl'et dans son lot cette ville et le territoire dont elle était le chef-lieu. Nous ne savons pas si Gérard conserva sur la moitié échue à Lothaire l'autorité qu'il exerçait précédemment sur l'ensemble du
I. Nous avons vu préciidcmmeiit qu'il s'y trouvait en ocUihre 8Ca.