Libellas apoloi/eticus, Baronius, t. XIV, p. 567, col. i
7. AiJVE.NTii Libellas apolor/eticus, Baronius, t. XIV, pp. 566-567.
23o LE RÈGNE DE LOTHAIRE II (85r)-8Gy)«
Les légats auraient tlTi commencer [»ar donner lecture des lettres pontificales, pour uu^lti-e les évèrpies au courant Jes' intentions de Nicolas : bien entendu, ils s'absliurent de le faire'. Lothaire, prenant la parole^, exposa l'histoire de son mariage avec Waldrade, conclu du vivant de son p^re, puis parla de l'union qu'Hubert l'avait obligé de contracter avec sa sœur, de l'inceste que celle-ci aurait commis avec son frère, du jugement qui la condamna, de sa fuite, et de la démarche qu'il avait faite auprès du pape pour obtenir que celui-ci tranchât la question. Liutfrid, les p;ed(ifjogi de Loth.lire et tous les senaiores affirmèrent l'authencité du premier mariage de Lothaire avec Waldrade; les évêques et tous ceux qui avaient pris part aux conciles précédents se portèrent garants que Theutberge n'avait pas été contrainte par des menaces à faire l'aveu de sa faute?. Nous nous sommes déjà expliqué sur la question de savoir si vraiment Theutberge était coupable du crime dont elle s'était accusée, et nous avons dit que nous croyions la reine innocente 4. L'autre allégation de Lothaire était-elle mieux fondée? Nous admettons sans peine que le jeune roi avait entretenu, avant la mort de son père, des relations avec Waldrade, mais l'avait-il vraiment épousée ? Remarquons qu'Advence a bien soin de dire qu'il n'a pas été témoin du mariage de Lothaire avec Waldrade, il n'en parle cpie par ouï-dire >'. On lui a affirmé que l'empereur Lothaire avait fait cadeau de cent nianses a son fils pour lui constituer une dot, et lui avait donné Waldrade c. sub nomine divinœ fidei » ou « in Dei fide » ; ces expressions semblent se rapporter à la bénédiction qui aurait été donnée aux jeunes époux. Advence ne peut croire qu'un souverain aussi pieux que Lothaire P'' eût fait prendre une concubine à son fils ; il ajoute que Lothaire le Jeune aurait publiquement vécu avec Waldrade, au vu et su de tout le monde ^.
Ce mariage, ce sont les intéressés, Lothaire, son oncle Liutfrid, ses précepteurs, qui l'affirment ; nulle source impartiale n'en dit rien. Prudence parle des adultères commis par les fils de Lothaire I", et ce passage vise les relations du second fils de l'empereur avec Waldrade? ; Hincmar, dans son De divortio, ne nomme pas Waldrade, mais c'est elle évidem-
1. Ann. Rert. 80."?, p. O2 ; Adventii Epistola ad Nicolaum 80'), Bauo.mus, t. XV, p. 38, col. I. BiNTKiuM, Pnujinatische Geschichtc der deulschen Co/ici/ien, t. III, p. iio, voyait à tort une contradiction entre ce que disait Hincmar des lettres pontilicaies, qui avaient été volées aux léçiats, et ce qu'avançaient le même Hincmar et Advence, prétendant que Kadoald et Jean n'avaient pas lu an concile les instructions du pape. Comme le fait justement observer Hkfklk, op. laiid., t. IV, p. 267, il s'aqit des dernières, que Nicolas avait envoyées en remplacement de celles dont les légats avaient été dé|)ouillés.
2. D'après les Ann. Fuld. 863, p. f)?, Lothaire aurait déclaré au concile que jusqu'alors il n'avait aqi (pie sur le conseil de ses évêcpies. La \'it(i Nico/ai (Lib. pont., t. H, p. 160) et Rkgino.n, Chronicon Sf)."), p. 8:!, <pii nu-ntionnent ceUe déclaration, la font adresser par le roi non au coiu-ile, mais aux léqats.
3. Libellas apolnr/cfiriis, Iîako.mus, t. XIV, jqi. fiOG et ^7.